CAAPS au cœur du Forum européen de bioéthique : prévenir pour mieux soigner dès le plus jeune âge

Dans le cadre du Forum européen de bioéthique, qui s’est tenu du 4 au 7 février 2026 à Strasbourg, une table ronde intitulée « Prévenir pour mieux soigner » a rassemblé de nombreux intervenants le 5 février à la salle de l’Aubette.

Cet échange a permis de croiser les regards d’experts, de professionnels de santé, d’universitaires, mais aussi 2 jeunes, autour d’un enjeu majeur : développer une véritable culture de la prévention.

Après une introduction du président du Forum, Aurélien Benoilid, deux élèves du lycée des Pontonniers ont présenté le fruit d’un travail de réflexion mené collectivement avec leur enseignante et leurs camarades autour des enjeux d’information en santé à l’adolescence. Elles ont mis en évidence les difficultés rencontrées par les jeunes pour accéder à des sources fiables, dans un contexte marqué par la circulation de fausses informations sur Internet et les réseaux sociaux, ainsi que par la difficulté d’aborder certains sujets dans le cadre familial. Les élèves ont également souligné qu’à l’âge où le besoin d’expérimenter et de tester les limites est naturel, privilégier une information éclairée et la transmission de connaissances fiables s’avère souvent plus constructif qu’une approche uniquement restrictive. Elles ont enfin rappelé le rôle essentiel de l’école et des structures éducatives pour accompagner les élèves dans le développement de leur esprit critique et dans leurs futurs choix en matière de santé.

Les différents intervenants ont ensuite rappelé l’importance stratégique de la prévention, encore insuffisamment développée en France. Laurent Chambaud, médecin de santé publique et membre du Comité consultatif national d’éthique, a notamment souligné que seulement 2,6 % des dépenses de santé sont consacrées à la prévention, un chiffre inférieur à celui observé dans de nombreux pays. Les échanges ont également mis en lumière les inégalités face à la santé, les enjeux liés au dépistage, ainsi que la nécessité de concilier innovations technologiques et accompagnement humain.

CAAPS : agir concrètement pour développer le pouvoir d’agir des élèves

L’intervention de Léone Jung, pilote du programme académique CAAPS et infirmière conseillère technique auprès du Recteur de l’Académie de Strasbourg, a permis de mettre en lumière une approche concrète et structurée de la prévention, ancrée dans le milieu scolaire.

Le programme CAAPS s’inscrit pleinement dans la démarche des écoles promotrices de santé, avec un objectif clair : contribuer à l’éducation des élèves en renforçant leur capacité à faire des choix favorables à leur santé, tout en accompagnant les équipes éducatives et les familles.

Comme l’a souligné Mme Jung, « éduquer, c’est permettre de développer la capacité d’agir ». Cette approche repose sur une vision globale, prenant en compte à la fois les individus et leur environnement, qu’il s’agisse de la salle de classe, de la cour de récréation ou du cadre familial.

Le programme agit dès le plus jeune âge, de la grande section de maternelle jusqu’à l’entrée en sixième, autour de thématiques essentielles telles que :

  • l’alimentation saine et durable,
  • l’activité physique quotidienne,
  • le sommeil et les rythmes de vie,
  • l’usage raisonné des écrans,
  • le bien-être et les compétences psychosociales.

CAAPS propose des temps d’échange avec les familles, ainsi que des formations et un accompagnement pour les enseignants et autres personnels éducatifs . Cette démarche s’appuie sur la co-construction, afin de respecter les réalités de chaque famille et d’éviter toute forme de culpabilisation, dans une posture éthique fondée sur l’écoute, le respect et la confiance.

Particulièrement attentif à la réduction des inégalités de santé, le programme intervient prioritairement dans des territoires où les besoins sont les plus importants. Chaque année, ce sont environ 100 structures scolaires, péri et extrascolaires qui bénéficient de cet accompagnement, grâce à l’engagement d’une équipe pluridisciplinaire composée d’une coordinatrice, d’une psychologue, d’une infirmière, d’un éducateur en activité physique et d’une diététicienne. 

Un partenariat essentiel avec le Régime local d’Assurance Maladie d’Alsace-Moselle

La présence de CAAPS lors de ce forum a également été l’occasion de souligner le rôle déterminant de ses partenaires, et en particulier celui du Régime local d’Assurance Maladie d’Alsace-Moselle, qui est à la fois un financeur du programme et un soutien du Forum européen de bioéthique.

Mme Jung a tenu à remercier chaleureusement le Régime local pour son engagement constant : ce partenariat fidèle, fondé sur une relation de confiance, permet au programme de se développer, d’innover et de poursuivre ses actions au plus près des besoins des élèves et des équipes éducatives.

Ce soutien témoigne d’une vision partagée : investir dans la prévention dès le plus jeune âge constitue un levier essentiel pour améliorer durablement la santé de la population et réduire les inégalités.

La prévention, un enjeu éthique et éducatif majeur

Les échanges de cette table ronde ont mis en évidence une conviction commune : la prévention ne peut être efficace sans une action précoce, globale et humaine. L’école constitue à cet égard un lieu privilégié pour accompagner les jeunes dans le développement de leur autonomie et de leur esprit critique face aux enjeux de santé.

À travers son action quotidienne, le programme CAAPS illustre concrètement cette ambition, en donnant aux élèves, aux familles et aux équipes éducatives les moyens d’agir ensemble pour construire un environnement favorable à la santé.

La participation de CAAPS à ce temps fort du Forum européen de bioéthique confirme ainsi pleinement la pertinence et l’importance de son action, au croisement de l’éducation, de la prévention et de l’éthique.

Mise à jour : mars 2026