vendredi 28 avril 2017

Numérique et SVT

ENT et E-learning : quelles plus-values pour les élèves ?

Les Travaux Académiques Mutualisés (TraAM) proposent cette année scolaire 2013-14 de travailler autour du thème :"ENT et E-learning : quelles plus-values pour les élèves ?"

 

Contexte de l'expérimentation. 

L'ENT (Espace numérique de travail) de l'académie de Strasbourg, généralisé à l'ensemble des établissements du secondaire, connaît une forte utilisation quotidienne. Les enseignants et les élèves s'y connectent régulièrement.
En 2011, l'académie de Strasbourg a débuté une expérimentation en intégrant dans son ENT la plate-forme Moodle (plate-forme d'E-learning), ajoutant ainsi une brique pédagogique à son ENT. Durant l’année scolaire 2013-2014 au cours de laquelle ce TraAM a été réalisé, cette plate-forme était disponible pour près d'une soixantaine d'établissements de l'académie. Dès la rentrée 2014, l’ensemble des établissements de l’académie auront une plate-forme Moodle à leur disposition.
 
La plate-forme Moodle est finement intégrée à l'ENT. Un élève déjà authentifié dans cet ENT y accède directement. La charte graphique étant identique, le passage de l’un à l’autre se fait en toute transparence.
 

Le projet TraAM SVT se construit autour d'une équipe composée de 5 membres :

  • Béninger Marie, collège Erasme, Strasbourg.
  • Colard Pierre-Etienne, collège Lucien Herr, Altkirch.
  • Ferlet Bénédicte, lycée Marguerite Yourcenar, Erstein.
  • Grimonpont Norbert, lycée Pasteur, Strasbourg.
  • Martinez Dominique, collège Bugatti, Molsheim.

 

 

Introduction

Les activités réalisées avec Moodle sont multiples et variées. Les enseignants impliqués dans ce TraAM ont proposé des séquences complètes aux élèves, incluant des activités telles que des tests, des qcm interactifs ou encore des ressources (documents, vidéos, liens). Dans un premier temps, nous avons fait le choix de vous présenter rapidement deux séquences pédagogiques dans lesquelles Moodle a toute sa place. Dans un second temps, nous nous attacherons à décrire plus précisément nos usages de la plate-forme d’E-learning.



Le premier exemple se place en troisième, dans le cadre du chapitre de génétique.

 

(Cliquez sur l'image pour ouvrir une capture de l'intégralité de la séquence).


Dans les premières sections de la séquence, des documents permettant d’approfondir le cours réalisé en classe sont proposés. La séquence en ligne se présente comme une extension de la salle de classe, puisque les documents majeurs présentés en classe sont mis à disposition des élèves.  Pour certaines parties, des documents inédits et complémentaires viennent compléter l’étude, comme par exemple des liens vers des articles d’actualité sur le clonage des chiens en Corée, ou sur la possibilité de faire revivre des mammouths.

Par la suite, la séquence présente des animations flash montrant la structure des chromosomes, les divisions cellulaires, des vidéos, des liens vers le travail de Crick et Watson et des articles disponibles sur le net sur la découverte de l’ADN.
A ce stade, un jeu de carte flash permet à l’élève de s'entraîner, pour approfondir et mieux maîtriser les notions travaillées jusqu’ici.

Exercice interactif de glisser/déposer.


Lors du travail sur l’expression des allèles dans les groupes sanguins, un exercice interactif de glisser /déposer permet aux élèves d’associer les allèles correspondants aux groupes sanguins, et un test sous forme de QCM leur permet de tester leur compréhension de l’expression des allèles.

Les données qui serviront à l’étude de la division cellulaire ont été mises à disposition des élèves sur Moodle, afin qu’ils puissent travailler sur les notions avant le cours.
Enfin, pour permettre aux élèves d’approfondir les notions avant le contrôle, un test de 20 questions avec feedback est proposé en guise de révision, de même qu’une série d’exercices progressifs (exercices de difficulté croissante, dont l’accès à l’exercice suivant est conditionné par la réussite à plus de 75% à l’exercice actuel).

Ainsi, les élèves trouvent dans la séquence tous les éléments nécessaires pour puiser des ressources, des informations pour approfondir leurs connaissances, s’exercer et réviser.


Le second exemple se place en terminale S, dans le cadre du programme sur le réflexe myotatique.


La 1ère section de la séquence comporte un rappel de ce qu’est le réflexe myotatique et une question “En quoi ce geste, effectué chez le médecin, permet de tester l’intégrité du système nerveux ?"
Vient ensuite un petit test de 5 questions qui permet de tester ses connaissances de collège et 1ère S sur le système nerveux.

Puis un schéma simple du dispositif expérimental qui va permettre, lors de la séance de TP, d’enregistrer un réflexe myotatique. L’enseignant s’en sert en tant qu’illustration lors de la séance de TP et il permet aux élèves de revoir ce dispositif à volonté.

Une fois le réflexe myotatique enregistré on s’intéresse aux structures nerveuses impliquées dans ce réflexe. Il s’agit alors de disséquer un nerf sciatique de Grenouille puis de le dilacérer. C’est là que sont proposées 2 vidéos d’aide au geste technique qui vont permettre aux élèves, en autonomie, de visualiser comment réaliser ces deux manipulations, et ce autant de fois que nécessaire.
Les élèves observent ensuite leur dilacération au microscope et capturent une image numérique qu’ils vont déposer dans une galerie d’images. Ces images serviront au bilan du TP.
Les élèves observent également au microscope une coupe de moelle épinière. La aussi ils déposent leurs captures dans une galerie d’images.

Sur la même page sont ensuite déposés les documents sur lesquels la classe travaillera lors des séances suivantes.

A la fin de la section, on trouve :

  • la section “Bilan” qui contient le schéma bilan “muet” complété en cours - pour les élèves qui veulent le refaire pour s'entraîner - mais aussi le même schéma bilan complété pour les absents, des animations et une fiche de révision reprenant le vocabulaire et les notions principales.
  • la section “Exercice” avec des cartes flash qui permettent de réviser les principales notions sur le réflexe myotatique et le système nerveux.
  • une section “Lien Internet” avec un lien ver le site “ZygoteBody” permettant de visualiser le corps humain en 3D. Très utile pour comprendre les relations entre les différentes structures mises en jeu (nerf rachidien - moelle épinière).
  • une section “Orientation” consacrée au métier de neurologue: une courte description du métier associée aux études nécessaires avec un lien vers le site Onisep.

 

 

 

Lors de nos travaux, nous avons structuré notre réflexion en quatre axes principaux. Il est cependant difficile de catégoriser aussi simplement nos pratiques sur cette plate-forme d’E-learning, car chaque usage de Moodle apporte de nombreuses plus-values dans de nombreux domaines.

 

 

Axe 1 : le suivi des apprentissages.

 

Moodle permet un suivi individuel ou collectif des travaux des élèves tout au long de leur parcours.

Les activités que peuvent réaliser les élèves donnent lieu à des bilans dont l'exploitation permet de situer l'élève dans son parcours d'apprentissage (synthèse des résultats question par question ou sur l'ensemble du test pour la classe).

Dans la séquence utilisée en troisième pour le chapitre de génétique (premier exemple décrit au début de cet article),  les élèves réalisent des tests pour réviser les notions avant l'interrogation écrite qui sera faite en classe. La plate-forme d’E-learning permet, pour chaque test, de visualiser l’ensemble des résultats de la classe ou du groupe qui travaille sur la séquence. Il est ainsi possible de visualiser la réussite de chaque élève sur la globalité du test ou sur l’ensemble des tests de la séquence.


Exemple d'un tableau de synthèse des résultats à un test. Pour chaque élève, on accède aux résultats par question, au résultat final,

à la durée de la tentative. Pour chaque question, on dispose du résultat global de l'ensemble des participants,

ce qui donne un aperçu de la réussite globale de la classe par exemple.


Cette exploitation permet de situer l’élève dans la progression de son apprentissage. L’enseignant peut relancer les élèves qui n’ont pas encore réalisé le test, il peut également exploiter les résultats pour déterminer quelles sont les notions que les élèves ne maîtrisent pas et proposer une remédiation avant le test noté.

L'enseignant peut aussi voir de façon plus globale la position des élèves sur la réussite du test.

Exemple d'une synthèse visuelle des résultats des participants au test.

 

Les tests peuvent aussi être réalisés en situation d'entraînement, en préparation d'une évaluation ou pour consolider les connaissances. L'élève est alors en situation d'autoévaluation, suivi par le professeur qui peut adapter son enseignement et les activités en conséquence.


Si l'enseignant propose une série d'activité où l'élève doit travailler en autonomie, Moodle lui propose un aperçu de l'achèvement des activités. Lorsque l'élève qui réalise une activité, répond à un critère déterminé (obtention d'une note, visualisation du lien, achèvement déterminé par l'élève), le tableau d'achèvement se met à jour et l'enseignant peut ainsi voir l'avancée des élèves dans la séquence.

Exemple d'un suivi d'activité : l'activité est considérée terminée

par Moodle dès lors que l'élève obtient une note à l'activité.

 

 

Axe 2 : le travail collaboratif entre élèves

 
Moodle propose des activités permettant le travail collaboratif des élèves. Voici quelques exemples d’activités qui ont été testées durant le TraAM.

Ecrire dans un wiki pour travailler en groupe.

En troisième, dans la partie sur le thème “Responsabilité humaine en matière de santé et d’environnement”, des groupes d’élèves effectuent un travail de recherche.
Confronté à des problèmes de travail en établissement (disponibilité du document sur le réseau pédagogique, absence du binôme qui a les documents, perte des travaux papiers, contrôle tardif de l’enseignant), le choix du Wiki sur Moodle est vite devenu une évidence.
Le contexte est le suivant : les élèves se connectent chacun à l’ENT, dans la séquence réservée aux exposés de Moodle.. Dans cette séquence, de nombreuses ressources leur donnent accès, en libre service, à des fiches méthodes sur la construction de l’exposé, de l’introduction, les recherches sur Esidoc, etc.
Le wiki de cette séquence leur permet de saisir l’intégralité de leurs travaux. Ce wiki est donc éditable en classe, mais aussi au CDI, en étude, à la maison. L’enseignant a accès en temps réel à l’avancée des travaux des élèves et peut donc corriger très rapidement les travaux, recadrer les recherches, etc.
Si l’enseignant le désire, chaque groupe peut travailler isolement des autres groupes, ou alors avoir accès aux exposés des autres groupes en lecture seule. Les élèves peuvent ainsi partager des liens et des informations entre groupes de thèmes différents ou proches.

Un accès à l’historique permet à l’enseignant de suivre les travaux et de comparer les versions.
L’enseignant commente directement dans le wiki du groupe, souligne le texte, ajoute un lien et suit ainsi de façon plus précise le travail des élèves.

Créer une galerie collaborative d’images.

En séance TP sur la mitose.

Durant une séance de TP en 1ère S, les élèves observent des cellules de racine en division (mitose) et doivent reconstituer le déroulement de cette mitose en identifiant les différentes étapes. Les élèves réalisent une observation classique de lames minces. Ils utilisent la caméra numérique qu’ils ont l'habitude de manipuler pour capturer des images des phases de la mitose.
Une fois l’image capturée, les élèves déposent ces images dans une galerie d’images intégrée dans la séquence du cours pour les mettre à disposition de l’ensemble de la classe.

Galerie d'images réalisée avec les observations des élèves.


Les images sont ensuite réutilisables par les élèves lors de la rédaction de leur compte-rendu et par  le professeur en fin de TP au moment de la synthèse des différentes observations effectuées ou en guise de rappel dans un cours...

On travaille ainsi avec les productions des élèves (plutôt que les illustrations du manuel) ce qui valorise leur travail. De plus, ils retrouvent lors des révisions les documents exploités en classe, permettant ainsi un ancrage plus fort des notions acquises.

En séance de TP sur l’observation de la faune du sol.

Durant une séance en 2de, les élèves observent la faune de deux sols (forestier et agricole). Les caméras numériques sont fixées aux loupes binoculaires. Les élèves prennent en photo des animaux qu'ils identifient grâce à une clé de détermination et déposent ces photos dans une galerie d’images intégrée dans la séquence du cours. Comme chaque binôme ne pourra observer l’intégralité des animaux présents dans le sol, la galerie d'image prend tout son sens puisqu'à la fin de la séance, chaque élève dispose dans la galerie d’une vue synthétique des différentes observations et donc d’un inventaire de la faune du sol étudié.

Galerie d'images réalisée avec les observations des élèves.


L’enseignant projette la galerie en direct pendant la séance (en rafraîchissant régulièrement la page). Ainsi,les élèves voient leur contribution s'ajouter au fur et à mesure à la galerie. Effet stimulant garanti !
 

En séance de TP sur la dissection de l’appareil digestif.

Durant une séance en 5ème, les élèves réalisent la dissection de l’appareil digestif de la souris. Des photos sont prises avec des appareils photos ou des tablettes. Les élèves chargent par la suite les images dans la galerie d’images intégrée dans la séquence du cours et utilisent la photo de leur choix pour réaliser la légende de l’appareil digestif, à partir des connaissances acquises durant la séance.
Les élèves retrouvent ainsi à la maison les images qu’ils ont réalisées lors du TP.

De plus, les élèves avaient à disposition sur la tablette , mais aussi sur Moodle, la  vidéo de la dissection. En classe, la vidéo servait de protocole, mais sa disponibilité sur la plate-forme a permis aux plus curieux d'entre eux de préparer la séance de dissection la veille en se familiarisant avec les gestes techniques à réaliser. Le résultat a été que ces élèves là étaient bien plus efficaces et leur dissection a été plus réussie.
La meilleure dissection a alors été annotée, et le travail des élèves (pas forcément les plus scolaires) valorisé.
Ainsi toutes les manipulations réalisées en classe peuvent rester en libre accès sur la plate-forme : les dissections de fleurs, de bourgeons qui auparavant se décomposaient sous le Scotch dans le classeur sont consultables et permettent aussi à l’enseignant de faire des transitions visuelles entre les différents chapitres...

Créer un glossaire et des cartes flash de révision.

Le glossaire :

Le glossaire est un lexique de termes qui est habituellement créé par l’enseignant. Il permet l’apparition à l’écran de la définition d’un mot lors de son survol avec la souris.

Exemple de trois définitions créées par les élèves dans

le glossaire commun à l'ensemble des élèves de Terminale S


Un enseignant a travaillé sur la création de ressources à partager lors des séances d’Aide Personnalisée (AP) en Terminale S. L’objectif était de faire réviser le vocabulaire d’immunologie aux élèves de Terminale participant à l’AP tout en construisant un outil de révision pour l’ensemble des élèves de Terminale de l’établissement.

Lors d’une première série de séances, chaque binôme d’élèves devait rechercher au CDI, 5 définitions de termes utilisés dans le chapitre immunologie. Ensuite, ils devaient compléter un glossaire sur Moodle avec leurs définitions en l’illustrant avec un schéma personnel ou une image libre de droit issue d’Internet.
En quelques séances, les élèves ont construit un glossaire illustré d’une cinquantaine de termes. Après validation par le professeur, il a suffi ensuite d’autoriser son accès à l’ensemble des élèves de Terminale pour que tous puissent utiliser ce glossaire.

Jeu de cartes flash :

Principe du jeu de cartes flash : l’enseignant construit des cartes (proposant une question au recto, et la réponse au verso) au fur et à mesure de l'avancée dans le chapitre puis les mets à disposition des élèves pour qu’ils puissent réviser.
L'élève doit associer l'élément situé sur le recto de la carte (question - mot - photo - son) à celui qui est caché sur le verso de la carte. Pour obtenir la réponse, il clique sur la carte puis il s'autoévalue :

  • S'il a répondu juste, la carte passe dans le paquet du milieu
  • S'il a répondu faux, la carte reste dans le paquet.

 

Exemple d'une carte flash : l'élève formule une réponse à l'oral,

puis clique sur la carte pour faire apparaître la réponse. 


Le but est de répondre juste à toutes les "questions" des cartes du paquet de gauche pour les faire passer dans le paquet du milieu, puis de nouveau (quelques jours plus tard) de réviser ces mêmes notions, de répondre juste, pour faire passer les cartes dans le paquet de droite.

Le but du jeu de carte flash : faire passer toutes les cartes du paquet difficile au paquet facile.


L’élève, s’il est conscient de réaliser l’activité pour y trouver une plus-value en terme de mémorisation des connaissances, joue le jeu sans tricher . Le fait de manipuler les cartes à intervalles réguliers ancre la connaissance. Cette activité fonctionne très bien auprès des élèves car ils en ressentent le bénéfice. Il est alors aisé de leur proposer d’en produire eux-mêmes.


Dans une séance d’AP, chaque binôme devait créer des cartes flash sur cinq autres termes. Ainsi, en une seule séance, une cinquantaine de nouvelles cartes flash ont pu être obtenues puis, après vérification, mises à disposition de l’ensemble des élèves de Terminale du lycée pour leurs révisions.

Exemple d'un ensemble de questions de cartes flash créées par les élèves de

Terminale S, à destination de leurs camarades.


Construire un  test.

Dans la dernière série de séances d’AP, chaque binôme travaille encore sur cinq nouvelles définitions. Cette fois, il s’agissait de créer une ou plusieurs questions (Vrai/Faux - QCM - texte à trous) à partir du vocabulaire d’immunologie.
Malgré un défi technique pour la prise en main d’une activité au paramétrage assez fin, les élèves, avec l’aide de l’enseignant, ont très vite su utiliser l’outil et ont créé 50 questions en deux séances. L’enseignant a vérifié les questions, les a compilées dans un test qui a ensuite été mis à disposition de tous les élèves de TS du lycée, pour qu’ils puissent se tester et ainsi réviser.

En tout, lors de ces 5 séances d’AP, chaque élève a travaillé sur 15 mots de vocabulaire qu’il a dû s’approprier pour construire un glossaire des questions, des cartes flash et un quizz. L'ensemble des élèves de TS du lycée bénéficie de trois outils pour réviser leur vocabulaire d’immunologie en cours d’année ou lors des dernières révisions à l’approche du Bac.

Axe 3 : le partage de ressources par le professeur.

 
Moodle permet de mettre à disposition des élèves toutes sortes de documents, ressources, vidéos et liens et de les organiser de façon à proposer des documents aux élèves en préparation de la séquence, en cours de leçon ou après la leçon. Les enseignants participants à ce TraAM ont eu de nombreuses occasions de tester ces partages de ressources.

Les ressources mises à disposition par les enseignants sont diverses. La ressource la plus utilisée est l’étiquette, qui permet de saisir du texte, d’insérer des images et des vidéos. Mais l’enseignant peut aussi mettre à disposition des dossiers contenant des documents (pdf, word, libreoffice).


Un exemple dans le cadre précis d’une classe inversée.

Une enseignante qui travaille, avec une de ses classes et plusieurs collègues de l’équipe pédagogique, sur le principe de la classe inversée, utilise la plate-forme d’E-learning pour mettre à disposition des élèves le contenu pédagogique qui servira en classe.

La séquence du cours sur Moodle permet :

  • la création de liens vers des animations et séquences filmées qui sont à visionner en amont du cours.

Exemples de séquences filmées mises à disposition en amont du cours.

 

 

  • le dépôt de devoirs issus de travaux collaboratifs entre élèves
  • la réalisation d’un glossaire par ou pour les élèves, glossaire qui va s’enrichir au fil des séquences de cours.

 

Exemple d'un glossaire renseigné par les élèves et l'enseignant.



Cette centralisation évite à l’élève d’avoir à consulter plusieurs sources documentaires. L’ensemble des documents est regroupé dans la séquence Moodle, permettant un gain de temps à l’élève qui n’a pas à jongler entre divers liens présents dans un dossier ou dans son CDT, à ouvrir de nombreux onglets. La séquence offre ainsi une présentation linéaire des ressources sans pollution visuelle (pubs, liens, vidéos connexes, etc..) et donc focalise l’élève sur le contenu du cours.

Un autre exemple pour une séance inversée.

La notion de division cellulaire est parfois difficile à mettre en place chez les élèves de troisième. Sans être dans le cadre d’une classe inversée, l'enseignant a choisi de mettre à disposition des élèves l’intégralité des documents de cette séquence, en guidant leur exploitation par quelques questions. Les élèves ont eu le choix de le traiter en fin de séance précédent ce cours s’il leur restait du temps, ou à la maison avant le cours suivant.
Lors de la séance sur la division cellulaire, les élèves ayant déjà pu prendre connaissance de la problématique soulevée et ayant déjà eu des documents pour entamer leur réflexion, ont été bien plus incisifs et percutants, comprenant plus vite et plus facilement. Du point de vue de l’enseignant, la séance c’est bien mieux déroulée que les années précédentes. Du point de vue des élèves, la séance n’a pas présenté de difficulté particulière.


La mise à disposition de ressources est fortement utilisée sur Moodle et pas seulement dans les classes inversées.

Listes de ressources (livres, liens, vidéos).

Lors du cours sur la sexualité, les méthodes de contraception et les techniques de PMA au lycée, les élèves posent une foule de questions ... ou pas, car certains n'osent pas. Plutôt que de les laisser chercher sur Internet avec le risque qu'ils tombent bien souvent sur des sites pornographiques, l’enseignant met à leur disposition un ensemble de liens vérifiés. Il les présente ensuite en classe, leur indiquant que s'ils ont des questions qu'ils n'osent pas poser, ces liens pourront peut-être leur apporter des réponses.

Exemple de liste de ressources à destination des élèves.

 

A l'heure des TICE, trier les ressources disponibles pour les élèves sur le Net est un nouveau rôle pour l'enseignant surtout pour des thèmes sensibles comme la sexualité ou encore l’évolution. 

L’enseignant fait de même avec une liste de livres présents au CDI, présentant ainsi des ressources que les élèves n’auraient peut-être pas pensé à consulter.



Mise à disposition d’une galerie photo réalisée lors d’une sortie scolaire.
  • Sortie géologique : photos de la sortie exploitées en classe pour reformuler les problématiques et y juxtaposer le résultat des expériences réalisées en classe.
  • Sortie autour d’un projet pluri-disciplinaire : le compte-rendu de la sortie est d’emblée partagé et va donc bien au-delà de la salle de classe, il pourra être enrichi par les collègues de différentes matières.



Mise à disposition de documents de travail.

Lors d’une séance sur la Procréation Médicale Assistée, les élèves sont placés en situation et doivent étudier des cas cliniques de couples qui consultent pour des problèmes d’infertilité ou de stérilité. Différents documents leurs sont distribués pour déterminer la cause de cette infertilité/stérilité (spermogramme - analyses hormonales...). Ils doivent ensuite proposer à ce couple une technique de PMA pour tenter de résoudre leur problème. Pour faire réfléchir les élèves sur les problèmes éthiques liés à certaines techniques, l’enseignant met à leur disposition une documentation sur l’ensemble des techniques disponibles (FIVETE  - insémination - ICSI...) au sein de la séquence Moodle.
Les documents sont disponibles en couleur (et non photocopiés en N&B ce qui, de plus, engendre beaucoup moins de photocopies) et les élèves, lors de la présentation de leur travail, peuvent s’appuyer sur la vidéoprojection de leurs documents de travail.


Barèmes de corrections.

Une fonctionnalité de Moodle permet aux élèves de répondre à un devoir en ligne. En cours ou à la maison, l’élève saisit sa réponse dans le navigateur sur lequel il travaille, l'enseignant ayant accès au travail dès que l'élève l'enregistre, sans que cela nécessite des échanges (parfois complexes) de documents. L'enseignant peut choisir de corriger ce travail en ligne, avec des curseurs. Les élèves prennent connaissance du barème de notation avant de rédiger leur réponse, puis par la suite, voient le barème utilisé par l'enseignant ainsi que d'éventuels commentaires qu'il aurait ajouté.

Exemple d'un devoir corrigé en ligne à l'aide d'un barème avec curseur. L'enseignant clique sur la case correspond à la note,

peut placer un commentaire par rapport à la compétence notée, et valide avant de passer à l'élève suivant.

La note est automatiquement enregistrée dans le tableau récapitulatif, que l'enseignant peut choisir d'exploiter par la suite.

 


Les barèmes curseurs sont de plus en plus utilisés au lycée. Un enseignant a pris pour habitude de présenter le barème qui sera utilisé pour les devoirs maison. Cependant, au lieu de le donner dans la feuille d’énoncé, il le place dans la séquence de cours sur Moodle, puis lie ce barème à la séance dans le cahier de texte de l’ENT. Ainsi, les élèves peuvent  facilement y accéder et connaître les critères d’évaluation sans que l’énoncé ne soit surchargé d’information.

Exemple d'un barème lié à un devoir.

Publication de travaux d’élèves.

Les corrections des évaluations.

Moodle permet de mettre à disposition les corrections de contrôle, mais aussi les devoirs réussis.
Ces devoirs, scannés puis publiés dans la séquence du cours sur Moodle :

  • “parlent” davantage aux élèves qu’une correction de l’enseignant. De plus, ils démontrent que c’était possible (puisque ce sont des productions d’élèves),
  • valorisent les élèves ainsi mis en avant (et d’autant plus que l’on peut choisir des productions de tous types d’élèves, en mettant des extraits par exemple),


Exemple d'un exercice et de la mise à disposition de la correction.

Publication de la correction réalisée par un élève.


En terminale, ces dépôts de corrections permettent aux élèves de voir, par l’exemple, ce qui est attendu dans chacun des exercices de l’épreuve finale.


Les productions élèves.

Moodle sert aussi à publier des travaux réalisés par les élèves.
Dans un exemple cité plus haut, lors de l’étude de l’appareil digestif, les collégiens avaient pris des photos à l’aide de leur appareil photo ou de tablettes et les avaient placées dans la galerie photo de la séquence. Ensuite, ils ont utilisé la photo de leur choix pour l’annoter avec Skitch, un logiciel de traitement de texte ou un logiciel d’édition d’image type photofiltre, validant au passage des aptitudes du B2I collège. Les meilleurs travaux ont été publiés dans la séquence sur Moodle, faisant la fierté des élèves ainsi mis en avant.

Dans le cadre de l’utilisation de tablettes numériques, Moodle permet de mettre en ligne instantanément une photo prise à partir d’une observation, d’une expérience… à laquelle l’élève aura accès en illimité au delà de la salle de classe.


D’autres élèves parcourent les ressources proposées dans la séquence et proposent ensuite leurs ressources pour compléter la liste initiale, contribuant ainsi à l’enrichissement progressif de la séquence sur Moodle.


Mise à disposition de fiches métiers.

Les programmes officiels nous demandent de faire de l’information à l’orientation («Chaque fois que cela sera possible, les professeurs saisiront les occasions offertes afin d’attirer l’attention sur des métiers ... dont l’exercice professionnel présente un certain rapport avec les questions abordées en classe»).
Un enseignant met à disposition des élèves, à la fin de chaque cours, des fiches métiers en rapport avec le thème abordé (description du métier, études qui y mènent et lien vers une page d’un site consacré à l’orientation). Parfois, il indique simplement quelques idées de métiers pour inciter les élèves à s’informer plus finement sur des sites dédiés tels que celui de l’ONISEP.

Exemple d'une fiche métier mise à disposition à la fin d'une séquence.

 

Mutualisation avec les pairs.

La plate-forme Moodle nous permet de mutualiser nos travaux et séquences avec nos collègues.
Ainsi plusieurs stratégies ont été testées :

  • Un enseignant a ouvert l’intégralité de ses cours en accès libre. Chaque personne qui le souhaite peut s’inscrire et suivre le cours, réaliser les activités en prenant le rôle de l’élève. C’est non seulement une ouverture vers l’ensemble des élèves (qui ne sont pas forcément dans la classe), mais aussi vers les autres enseignants de l’établissement.
  • Un autre enseignant a choisi de créer un cours dans lequel lui et ses collègues déposent les documents, liens, ressources et activités à partager.


Séquence destinée au partage de ressources entre collègues.

  • Le modèle de déploiement de Moodle dans l’académie nous permettra de mutualiser des séquences complètes, des banques de questions, des activités sur un campus commun où les enseignants qui le désirent peuvent venir piocher des idées et/ou redéployer des activités dans leurs séquences. Nous avons pu tester les échanges entre collègues de différents établissements lors de ce TraAM, mais nous avons aussi pu tester l'intégration de séquences provenant d'enseignants d'autres académies : une séquence Moodle totalement externe à notre réseau alsacien, ainsi qu'une séquence générée par Opale Scenari Plateform.
    C’est donc un formidable outil de mutualisation qui est proposé.

Mutualisation entre enseignants du réseau,
sur le campus commun à tous les établissements.

 

 

Axe 4 : apprentissage de l'autonomie et pédagogie différenciée.

 

L'architecture et l'organisation des séquences proposées dans Moodle permet un travail au rythme de l'élève (réalisation conditionnelle d'activités, parcours individualisés, auto-formation).

Moodle fournit un grand nombre de possibilités (actvités et d’outils de suivi) pour permettre une pédagogique différenciée.

Exercices différenciés et autonomie.

En troisième, à la fin du programme de génétique, les élèves peuvent réaliser des exercices de difficulté croissante pour préparer leur contrôle. Une fois le premier exercice de la séquence commencé, l’accès à l’exercice suivant (de niveau supérieur) est conditionné par la réussite à l’exercice en cours. Ainsi, si l’élève réalise un score inférieur à 75% de réussite, il est alors dirigé vers un exercice de niveau équivalent. Une fois cet exercice réussi, il peut alors débloquer l’accès à l’exercice de niveau supérieur.

Exemple d'activités conditionnelles : l'exercice grisé est débloqué si l'élève réussi l'exercice précédent.
(Cliquez pour observer la séquence complète)


L’enseignant peut choisir de placer des commentaires (feedback) sur les réponses fausses, donnant ainsi des pistes pour débloquer la situation et réussir l’exercice. Cela permet aussi à l’élève de s’entraîner en dehors du cours pour réviser.

Exemple d'un commentaire lors d'une réponse fausse de l'élève.
L'élève peut alors retenter et proposer une autre réponse.


Si ces aides ne permettent pas à l’élève de réussir l’exercice, l’enseignant, rendu plus disponible par le gain d’autonomie de la classe réalisant la séance, peut alors prendre du temps pour l’aider et juger des éléments à apporter pour lui permettre de réussir.
Ce type de travail permet à chaque élève de travailler individuellement et d’avoir une progression contrôlée. L’enseignant  dispose ainsi de davantage de temps pour s’occuper des élèves en difficulté pendant que les autres élèves progressent de façon autonome.

 

Avoir des ressources à disposition :

Pour réaliser un travail.

Lors des travaux sur les exposés en troisième, les élèves en général ne savent pas travailler en autonomie et ne savent donc pas par où commencer. Dans la séquence qui sert de support à cette partie, un travail commun entre le professeur documentaliste et l’enseignant a été réalisé. Les élèves commencent par travailler, dans la séquence, sur une activité carte mentale. Les enseignants mettent à disposition des fiches méthodes leur permettant de se poser les bonnes questions, d’organiser leurs idées, puis si besoin, leur rappelant comment utiliser Esidoc, comment tester la fiabilité d’un site internet, comment réaliser une bibliographie, comment rédiger un plan, une introduction. En fonction de leurs besoins, les élèves puisent dans ces ressources en toute autonomie. Le professeur peut ainsi se consacrer pleinement à d’autres groupes (pour une réflexion sur le plan, sur la pertinence d’une information, etc…)


Exemple de ressources dans lesquelles l'élève vient piocher
ce dont il a besoin pour réaliser le travail.

Pour reprendre des gestes techniques.

Lors de l'étude des structures nerveuses impliquées dans le réflexe myotatique en Terminale, la séance TP propose aux élèves de réaliser un prélèvement du nerf sciatique de grenouille puis sa dilacération. Auparavant, l’enseignant donnait à ses élèves une fiche TP détaillée, montrait un film sur la manipulation au vidéoprojecteur et durant la séance,  les élèves bloqués monopolisaient l’enseignant.Désormais, les élèves ont à leur disposition la fiche TP détaillée (version papier) mais aussi la même fiche en version numérique sur Moodle, ainsi que les vidéos de la dissection et de la dilacération, intégrés dans la séquence du cours. Chaque binôme les visionne s'il en a besoin et autant de fois qu'il le désire. Les élèves sont du coup beaucoup plus autonomes ce qui libère l’enseignant qui peut de concentrer sur une aide plus individualisée.


Exemple de mise à disposition des vidéos montrant
les gestes techniques à réaliser en TP.

Lorsque ces gestes techniques ont été vus en classe et que les élèves savent qu’ils peuvent les retrouver dans les séquences sur Moodle, ils se sentent plus sereins pour la préparation aux épreuves pratiques du baccalauréat.

En soutien à une séance de TP.

En 2de, lors d’un TP où les élèves doivent identifier les composants du vivant à l’aide de différents échantillons et de tests chimiques, l’enseignant a déposé dans la séquence les résultats positifs des tests pour que les élèves puissent, en autonomie, les comparer avec leurs résultats. Lors d’une activité ultérieure, les élèves ne sachant plus quel était le principe du test à l’eau iodée, ils ont pu revoir cette séquence.

Résultat du test à l'eau iodée.

 

Pour tester ses connaissances avant le cours : le test des préacquis.

A plusieurs occasions, les enseignants ont utilisé Moodle pour tester les préacquis des élèves (revoir la mitose de 1ère S avant l’étude de la méiose en Terminale S; revoir les roches caractéristiques des différentes couches terrestres, vues en 1ère S, avant de débuter le chapitre géologie en Terminale S; revoir l’anatomie de l’appareil reproducteur, étudié au collège, avant de débuter le chapitre Procréation de 1ère S). Ces tests peuvent prendre plusieurs formes : des cartes flashs  ou des tests (QCM, Vrai/faux, …) principalement.

Extrait d'un test mis à disposition des élèves pour qu'ils puissent s'entraîner
(cliquez pour voir plus de questions).


La richesse des types de questions permet à l'enseignant d'alterner textes à trous, glisser/déposer, vrai/faux, qcm, etc... Les questions et les choix de réponses sont proposées dans un ordre aléatoire à chaque tentative : impossible de mémoriser l'ordre des réponses à donner lors de la tentative suivante.

Quelques exemples de questions disponibles
(cliquer pour voir plus de questions).


Les tests peuvent être réglés sur un mode adaptatif ce qui permet à l’élève de les recommencer autant de fois qu’il le veut jusqu’à obtenir la bonne réponse. Il est possible d’ajouter des commentaires (feedbacks) qui aideront l’élève à s’orienter vers la bonne réponse ou l’inviteront à revoir tel ou tel cours.
Mais ces tests peuvent aussi être à tentative unique. L’enseignant a tout loisir de choisir entre l’un et l’autre, en fonction de la capacité de ses élèves à travailler en autonomie.


Ainsi, en collège, le choix s’est plutôt porté sur une tentative unique, sans feedback, l’intérêt étant de juger des connaissances des élèves au début du cours, afin de cibler rapidement les notions à reprendre lors de la première séance. Au lycée, l’enseignant peut compter sur l’autonomie des élèves pour se remettre à jour et donc peut modifier les modalités de son test.
L’enseignant exploite les résultats en visualisant un tableau récapitulatif avec les scores obtenus par la classe aux différentes questions. Cela lui permet de voir les notions qui sont le moins bien acquises et lui permettra de préparer une révision de certains points ciblés en début de chapitre.

 


Leçon et choix : individualiser un apprentissage.

Dans une séance, menée en AP de terminale S, sur la chorée de Huntington où l’on aborde la notion de diagnostic et prise de décision prénatal, l’enseignant a mis en place une activité précise nommée “leçon” pour faire réfléchir les élèves sur la dimension éthique des maladies génétiques et des techniques proposées par la médecine (test de dépistage - fécondation in-vitro - diagnostic préimplantatoire). L'idée était donc de mettre les binômes d'élèves en situation : ils forment un couple avec un projet parental mais dans leur famille des cas de Chorée de Huntington sont connus.
Ils sont donc face à des choix :

  • réaliser ou non un test de dépistage
  • poursuivre ou non leur projet parental en cas de résultat positif connaissant les risques de transmettre le gène défectueux à leur descendance
  • avoir recours ou non à une fécondation in vitro avec un diagnostic préimplantatoire...

Comme chaque binôme peut faire des choix différents il fallait que l'outil s'adapte à leur choix. Difficile avec des documents papier. Ici l’activité “Leçon” de Moodle permet de construire une leçon avec une série de pages présentant à chaque fois un choix à faire. En fonction de la réponse des élèves de nouveaux documents, de nouveaux choix leurs sont proposés. Chaque binôme suit donc un chemin différent et l’enseignant, à travers les options et commentaires qu’il a créé, lui rappelle régulièrement les problèmes éthiques posés par leur décision, l’informe sur les techniques proposées grâce à des boutons "plus d'infos sur…" qui ouvrent des fenêtres pop-up donnant des explications.

Voici un exemple pour mieux comprendre.
La première décision que les élèves doivent prendre est de choisir de réaliser ou non un test prédictif permettant de déterminer si l'on est porteur ou non de l'allèle muté. Pour la plupart des élèves c'est une solution "facile" pour savoir si, en tant que porteur hétérozygote on risque "juste" de transmettre l'allèle muté à ses enfants.

 

Présentation de la situation, réaliserez vous le test prédictif ?


Un document supplémentaire intitulé "Plus d'information sur la maladie", présent sur la même page, permet aux élèves de comprendre que, dans le cas de la chorée de Huntington un porteur sain sera forcément atteint de la maladie mais vers l'âge de 40-50 ans. Les symptômes sont décrits. Réaliser le test prédictif lorsque l'on est jeune conduit à vivre avec la certitude de développer les symptômes de la maladie et de mourir prématurément. Le choix n'est plus aussi facile.

 

En cas de refus de réaliser le test prédictif.


Que les élèves décident de réaliser le test prédictif (il est alors positif) ou non, le 2ème choix qui se pose à eux est de poursuivre ou non leur projet parental.

 

Le test a été réalisé, le résultat est positif. Quelle suite donner à la grossesse ?

 

Pour ceux qui ont réalisé le test, positif, le choix est alors de recourir ou non à une fécondation in vitro avec un diagnostic pré-implantatoire où le devenir des embryons non retenus car porteurs du gène muté pose un nouveau problème éthique. Et ainsi de suite.

 

Permettre à chacun de travailler à son rythme.

Nous avons vu, lors de nos pratiques quotidienne avec l’outil, une évolution du comportement de certains élèves par rapport au travail. La plate-forme d’E-learning avec laquelle nous travaillons n’a pas reçu l’adhésion de 100% des élèves, mais les rapports d’accès aux activités nous ont montré que certains élèves, une fois qu’ils avaient compris qu’ils pouvaient, dans la séquence du cours, retrouver tout ce dont ils avaient besoin pour travailler, n’hésitaient pas à se connecter régulièrement en dehors des heures de cours pour refaire un test.

Un exemple particulier était le cas de cet élève qui a fait, en une soirée, 3 tentatives au même test. Chaque tentative étant séparée de la précédente par un délai de plus en plus long, avec des résultats meilleurs à chaque fois. Interrogé sur cette façon de procéder, l’élève a répondu le plus naturellement du monde qu’il révisait entre chaque tentative. Pour lui, impossible de “bachoter”, l’application brassait à la fois les questions et les réponses à chaque nouvelle tentative. Il a donc vraiment travaillé en autonomie et était fier d’avoir progressé.

Il n’est pas rare de voir les élèves se connecter pour faire des sessions de travail pendant les vacances et un enseignant a même retrouvé une grande partie de sa classe sur la séquence quelques jours avant une évaluation. Une élève s’est même connectée tardivement un soir, dans le seul but de prendre connaissance du contenu du cours qu’elle allait avoir quelques jours plus tard.

Cette disponibilité 24H/24, en tous lieux, permet aux élèves d’adapter leur travail à leurs conditions de vie (élèves en sport étude par exemple) et à leur rythme d’apprentissage.

ENT et E-learning, quelles plus-values pour les élèves ?


Des élèves qui s’investissent dans les parcours pédagogiques proposés.
  • Ils révisent avec les tests proposés par les enseignants..
  • Ils ont les moyens d’approfondir et de comprendre, de recommencer jusqu’à pouvoir réussir.
Des élèves qui peuvent travailler de façon individualisée
  • Ils retrouvent de nombreuses ressources et les exploitent de façon individuelle.
  • Ils ont des parcours individuels dans les séquences, les tests et exercices proposés permettant des corrections individualisées en fonction de leurs réponses.
  • Ils peuvent travailler à leur rythme durant les séances de cours ou de TP, lorsque le rythme de travail est plus lent ou qu’ils avancent plus vite que d’autres.
Des élèves qui sont curieux.
  • Ils vont prendre connaissance des ressources mises à leur disposition.
  • Ils vont parcourir les productions de leurs camarades si l’enseignant les partage sur Moodle.
Des élèves qui ont les moyens de devenir autonomes
  • Ils ont les ressources à disposition durant les séances TP.
  • Ils n’ont plus besoin systématiquement de l’aide du professeur pour les situations simples.
  • Ils peuvent choisir d’approfondir des notions à l’aide de liens mis à disposition dans la séquence.
Des élèves qui retrouvent un cadre.
  • La plate-forme Moodle, parfaitement intégrée à l’ENT, devient un outil légitime.
  • La centralisation des ressources dans la séquence Moodle évite de sortir du cadre et de naviguer ailleurs.
  • La généralisation de la plate-forme permet une utilisation facilitée dans d’autres disciplines, c’est un gain de temps pour l’élève qui reste dans un cadre connu.
  • Les élèves peuvent travailler seuls à la maison en retrouvant des séquences vues en classe.
  • Les élèves savent où retrouver les documents. Le gain en photocopie est présent, les documents sont de bien meilleure qualité, en couleur et  zoomables.
Des élèves qui progressent.
  • L’exploitation de résultats est délicate. Il n’a pas été choisi de réaliser des tests d’élèves ayant cours avec ou sans Moodle, les enseignants n’ayant pas envie de défavoriser certains élèves par rapport à d’autres. Cependant, quelques pistes nous donnent des indicateurs.
    Parmi les élèves qui ont travaillé à partir de Moodle, pour faire des tests de révision par exemple, une grande partie a amélioré ses résultats. Mais sur quel indicateur repose cette affirmation ? Ce n’est pas une comparaison avant/après, puisque l’on ne refait pas deux fois le programme. On ne peut pas non plus comparer des tableaux de résultats...
    Nous avons donc demandé simplement aux élèves quels intérêts ils avaient à travailler avec Moodle.  Ils répondent alors qu’ils maîtrisent mieux le cours, que les évaluations semblent plus faciles.
    Bien sûr, il y a eu des élèves qui ont fait les tests et qui n’ont tout de même pas réussi l’évaluation. Cela a permis à l’enseignant de discuter alors avec l’élève et de corriger ses méthodes de travail, lui montrant que la réussite à l’évaluation ne passait pas par un bachotage rapide avant le contrôle, mais par un travail de fond et une exploitation des ressources mises à sa disposition.



Et les moins-values ?

  • La première moins-value pourrait être le temps passé à créer ces séquences. Il est certain que créer ces séquences, imaginer les activités (les tests, les commentaires, etc…) prend du temps. Dans le groupe, deux enseignants utilisaient déjà Moodle l’année précédant le TraAM, et les trois autres ont pris en main la plate-forme au cours du premier trimestre de l’année.
    Cependant, chacun a travaillé à son rythme. Parfois il ne s’agissait que d’une activité précise dans une séquence, parfois d’un investissement plus conséquent sur une séquence complète. La séquence de génétique en troisième a été construite sur deux années, et se trouve continuellement enrichie des retours des élèves et du travail de l’enseignant.
    Les ressources mises à disposition sont amenées à évoluer constamment, et le travail peut se répartir sur plusieurs mois et années : nous savons que le travail ne sera pas perdu, d’autant plus qu’on peut aisément mutualiser.
  • La prise en main de la plate-forme ?
    Passées les premières difficultés habituelles inhérentes à la découverte et la prise en main d’un nouvel outil, le pli est vite pris et là où il nous fallait initialement une ou deux heures pour réaliser le premier test, il ne nous faut maintenant que quelques dizaines de minutes.
    On peut faire un parallèle avec la 1ère utilisation d’un traitement de texte pour construire un document ou écrire son cours: les 1ers essais ont demandé beaucoup de temps et puis, avec la pratique on utilise l’outil plus rapidement, plus intuitivement.

 

 

En fait, il n’y a pas réellement de moins-values. Certains élèves ne se sont jamais connectés à Moodle, malgré de nombreuses incitations de l’enseignant. Mais ces élèves n’auraient pas fait plus d’efforts pour d’autres travaux, ils n'auraient pas plus ouvert leur manuel, par exemple.

A contrario on entend d’autres élèves nous demander régulièrement, quand on présente un document par exemple, “Et ça vous le mettrez dans Moodle ?
Moodle ne récolte pas l’adhésion de 100% des élèves, mais il permet à ceux qui le désirent de progresser.



Et du point de vue de l’enseignant ?

Moodle nous a forcé à repenser notre pédagogie.
Après la découverte des possibilités de Moodle, une autre approche de notre enseignement en classe est apparue. Nous pensons les cours différemment, en sachant pertinemment que nous pouvons nous appuyer sur un dépôt de documents sur Moodle, qu’une partie peut être approfondie par ce biais, en proposant des séances inversées, en changeant l’approche des TP, en exploitant les travaux des élèves.

Nous sommes davantage tentés de laisser plus d’autonomie à l’élève en TP par exemple puisque l’on sait qu’il pourra consulter des fiches d’aide, des vidéos, des schémas, selon ses besoins. Tout ne lui est plus proposé systématiquement. A lui d’utiliser cet outil pour l’aider dans sa démarche.

Du coup, nous ne réalisons plus des cours en les pensant pour la séance de classe, mais plus globalement, pour l’exploitation que pourra en faire l’élève en classe et en dehors. Les ressources et activités sont alors créées dans cette optique, pour accompagner l’élève dans son travail personnel hors de la classe.

Nous considérons Moodle comme une formidable boite à outils qui a répondu à des besoins que nous avions depuis longtemps : mettre à disposition des élèves des documents, des liens web pour approfondir, constituer une banque de ressources disponible à tout moment et quelque soit le lieu (au domicile, en classe…).
Et avec la pratique nous découvrons régulièrement de nouvelles idées pour détourner des activités pour nos besoins pédagogiques : par exemple, l’activité “Feedback” qui permet rapidement de construire un petit sondage en ligne pour recueillir l’avis des élèves après une sortie scolaire.