dimanche 29 novembre 2020

Travailler par compétences avec un globe virtuel

Julien Ebersold, Christophe Marchand et Jean-François Tavernier proposent une réflexion sur les usages pédagogiques de Google Earth en géographie pour amener les élèves à travailler par compétences. Elle a été présentée lors d’une journée de formation et d’échanges qui a eu lieu à l’IUFM de Sélestat le 28 novembre 2012.

A travers cet outil numérique, il est possible d’entraîner et d’évaluer la maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication, qui correspond à la compétence 4 du Socle commun et qui est évaluée et certifiée dans le cadre du B2i niveau Collège et niveau Lycée.

 

En effet, il s’agit d’entraîner les élèves à maîtriser les outils de l'informatique, du multimédia et de l'Internet afin d'amener les élèves à utiliser de façon plus réfléchie et plus efficace les techniques numériques qui irriguent désormais tous les champs de notre société. Par ailleurs, cet outil permet également de mobiliser et de faire acquérir des compétences propres à notre discipline, notamment en géographie.

 

 

1. Google Earth : outil propice au travail par compétences et à la réflexion géographique.

Les trois enseignants ont réfléchi aux différents atouts de l’usage de Google Earth en histoire géographie : cet outil offre de nombreuses perspectives pour mener une réflexion épistémologique sur les finalités de la géographie mais aussi pour concevoir des cours de géographie par compétences.

Ils proposent d’étudier trois types de situation d’apprentissage que l’on peut mettre en œuvre en faisant travailler les élèves sur des globes virtuels, chacune d’entre elles, mobilisant plusieurs compétences qu’il s’agit de cerner ou de conscientiser (en associant des capacités, des connaissances et des attitudes) pour l’enseigner et les faire acquérir aux élèves.

 

Ils présentent deux exemples de séquences de cours qui recourent à deux des trois situations précédemment évoquées.

Deux exemples de séquences de cours

a) Explorer et analyser un lieu : l’exemple du port de Yangshan.

Dans cette activité, il s’agit de faire travailler les TICE aux élèves à travers Google Earth afin d’appréhender de manière concrète et visuelle des phénomènes géographiques comme des aménagements portuaires, l’insertion dans la mondialisation, la métropolisation de Shanghai et la littoralisation des activités à travers le port en eaux profondes de Shanghai, Yangshan.

Elle peut s’insérer dans différentes parties des programmes de collège et de lycée :
  • En Quatrième pour étudier « Les espaces majeurs de production et d’échanges»
  • En Seconde pour approcher la question « Les littoraux, espaces convoités »
  • En Première STI2D pour l’intégrer dans l’étude de cas sur « Shanghai » dans la partie sur « La Chine depuis 1911 »
  • En Terminales ES-L pour illustrer l’insertion des « territoires dans la mondialisation »

Julien Ebersold et Christophe Marchand ont conçu cette activité afin d’amener les élèves à travailler en autonomie selon une démarche d’investigation et d’analyse en salle informatique : ils doivent identifier des éléments, sélectionner des informations puis répondre à une question permettant de synthétiser l’ensemble des recherches effectuées sur Google Earth.

 

Ils peuvent ainsi utiliser différents outils natifs sur le logiciel pour :

  • Trouver un lieu, à l’échelle pertinente pour analyser différents phénomènes (outil zoom et déplacement)
  • Situer les lieux les uns par rapport aux autres
  • Prendre la « mesure » des lieux et des distances (outil règle et polygone) et des aménagements (outil galerie de photographies)
  • Apprendre à analyser une image numérique.
b) Géolocaliser, parcourir et analyser un trajet : l’exemple du parcours d’un porte-conteneur.

Jean-François Tavernier a construit une séquence de cours qui aborde « Les échanges de marchandises » en 4e à travers  le parcours d’un porte-conteneur, transport qui constitue l’épine dorsale de la mondialisation. Le choix de la CMA-CGM permet d’ancrer l’étude dans un contexte national mais aussi de poser la question des acteurs au cœur du processus de mondialisation.

 

Il s’agit, dans cette activité, de développer la posture active et autonome des élèves pour la résolution d’une tâche complexe (recherche d’informations, élaboration d’hypothèses, construction de réponses, travail collaboratif en salle informatique ou via l’ENT) : elle mobilise des compétences transversales liées à la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication, à la culture humaniste mais aussi des capacités propres à la discipline.

 

Elle permet notamment de :

  • Comprendre les interactions entre les échelles et les logiques d’un phénomène complexe
  • Comprendre et suivre les consignes
  • Mettre en relation des documents de différentes natures
  • Savoir utiliser le professeur comme une ressource externe
  • Se servir d’un globe virtuel et utiliser les images numériques de manière critique.

 

Le professeur propose d’utiliser le logiciel Google Earth (grâce au fichier .kmz fourni ci-contre en téléchargement) ou le site Google Maps (à l’adresse suivante : http://goo.gl/maps/K0Ph). Ce travail peut s’effectuer en salle informatique et permet ainsi d’évaluer de nombreux items du B2i (ou de la compétence 4 du socle commun).

Sur les globes virtuels

Sylvain Genevois est l’auteur de multiples articles sur les Globes virtuels notamment « Utiliser les « globes virtuels » pour enseigner la géographie de la France », « La géomatique en classe : quels usages pour quelles finalités ? » et « NASA Worldwind, Google Earth, Géoportail à l’école : un monde à portée de clic ? ».

De même, le site Edutice propose de nombreuses autres ressources sur les globes virtuels pour compléter et diversifier les réflexions, les approches et les usages des globes virtuels.