Yannick Meneceur, magistrat

Quel est votre parcours ?

J’ai 43 ans et je suis magistrat, mis à disposition auprès du Conseil de l’Europe pour participer à l’évaluation de l’efficacité et de la qualité des systèmes judiciaires des 47 pays membres.

Entre 1994 et 2001, j’ai réussi plusieurs concours de la fonction publique (gardien de la paix, greffier, attaché d’administration) et exercé plusieurs métiers (greffier d’audience, responsable de service informatique…), avant d’intégrer sur concours l’École nationale de la magistrature en 2006.

Ayant grandi en banlieue toulousaine dans une famille modeste, et étant sorti de l’université en 1992 sans autre diplôme que mon baccalauréat, la fonction publique a été pour moi un véritable ascenseur social.

J’ai exercé les fonctions de substitut du procureur au parquet de Bobigny (section des mineurs puis section économique et financière), puis des fonctions en administration centrale du ministère de la justice.

 
Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la Réserve citoyenne ?

A la suite des attentats de janvier 2015, j’ai ressenti, comme beaucoup, de la colère et de l’impuissance.

La nécessité de recréer un lien fort avec des jeunes, dont certains sont perméables à des discours destructeurs, m’était déjà apparue dans mes fonctions de substitut du procureur à Bobigny.

 
Sur quelles thématiques souhaitez-vous intervenir ? Qu’attendez-vous de la Réserve ?

Mon expérience me conduit naturellement à vouloir intervenir sur des thèmes comme la citoyenneté, la laïcité, les valeurs de la République, l’importance et le sens des institutions Républicaines.

Il me semble essentiel que les plus jeunes se perçoivent comme des citoyens en devenir, héritier d’un bien commun précieux.

Pour ne céder ni au découragement, ni au fatalisme, le dispositif de la réserve citoyenne m’apparaît comme un excellent moyen de s’engager activement en partageant mon expérience, que je n’ai jamais voulu limitée à un discours déterministe.