mardi 21 novembre 2017

EGLS kézako ?

Un sigle de plus dans un univers déjà largement saturé par des objets trop souvent non identifiés… Confronté à l’hermétisme de ces quatre lettres, adoptez le bon réflexe et précipitez-vous dans le glossaire d’Eduscol, dont le champ d’action ne dépasse pas les frontières de l’éducation nationale.

Vous aurez alors la lumineuse révélation : EGLS signifie enseignements généraux liés à la spécialité.

Avouez que cela sonne comme un résumé alphabétique de ce que doit être un lycée professionnel.

Les EGLS s’inscrivent dans le cadre de l’implantation du baccalauréat professionnel en 3 ans, voilà donc quelques années que l’ensemble des communautés éducatives des lycées professionnels sont censées organiser ces enseignements.

Mais si vous ne voyez pas encore de quoi il s’agit alors il faut soumettre l’expression à un examen attentif et critique.

 

Qui est concerné ?

Les enseignements généraux désignent les matières préférées des élèves orientés en lycée professionnel – français, mathématiques, sciences, langues, arts appliqués.

Attention, collègues des disciplines professionnelles, résistez à l’envie de passer à l’article suivant, et relisez l’introduction… Oui, vous avez bien lu : ces enseignements généraux sont « liés à la spécialité ». D’accord, direz-vous, mais ce verbe « lier », comment faut-il l’entendre :  « au service de… » ?, « soumis à… » ?, « en appui de… » ?

 

Chacun aura remarqué, avec plus ou moins de mécontentement, que le passage des bac pro 2 ans au bac pro 3 ans s’est accompagné d’un alignement de tous les volumes horaires des enseignements généraux : un élève inscrit en baccalauréat professionnel gestion et administration a exactement le même nombre d’heures de français qu’un élève du baccalauréat professionnel métiers du cuir option maroquinerie. Tout le monde doit savoir écrire et lire, mais il n’échappera à personne qu’un jeune maîtrisant mal la communication orale et écrite aura plus de mal à intégrer le monde du travail auquel prépare la spécialité gestion et administration qu’un futur ouvrier maroquinier.

Les heures estampillées EGLS doivent être réparties par l’établissement en tenant compte des besoins particuliers attachés au type de baccalauréat professionnel préparé, de la complémentarité entre enseignement professionnel et enseignement général et ceci afin de donner du sens aux apprentissages et contribuer à la professionnalisation des élèves et des apprentis.

 

Quelle mise en œuvre ?

L’élaboration du projet de répartition des heures EGLS est donc l’affaire des équipes pédagogiques ; leur mise en œuvre suppose une connaissance des référentiels et des programmes respectifs des différents membres de ces équipes, donc concertation et travail en équipe. Bien entendu, l’élaboration du projet doit être réalisée avec l’équipe de direction qui procédera à la validation du dispositif EGLS.

Une fois l’esprit des EGLS cerné, surgissent aussitôt les questions d’ordre pratique :

Mais combien d’heures cela représente-t-il ?

Quels contenus et activités développer ? Quelles disciplines solliciter ? Quelles organisations adopter ?

 

Quel rôle pour l’équipe RVP ?

A ce stade, il est toujours possible de se faire aider, et l’équipe RVP peut, via une formation d’initiative locale (Fil), intervenir pour accompagner la réflexion nécessaire à la mise en place :

-  du travail en co-disciplinarité, raison d’être du dispositif ;

-  des projets associés à ces enseignements ;

-  du pilotage et de la coordination indispensables à la viabilité du dispositif ;

-  de moments de bilan et de régulation ;

-  de modalités éventuelles d’évaluation des acquis des élèves ou apprentis.

 

 Sources

Arrêté du 10 février 2009 (BO spécial n° 2 du 19 février 2009)

-  Bernard Porcher, « L’organisation des enseignements dans le cadre de l’autonomie des établissements : approches organisationnelles et pédagogiques », in Actes du séminaire - La rénovation de la voie professionnelle : présentation du baccalauréat professionnel en trois ans, Direction générale de l’Enseignement scolaire – Paris, 20 avril 2009

-  Martin Fugler, « Baccalauréat professionnel - Les enseignements généraux liés à la spécialité - Vade-mecum », collège des inspecteurs de l’enseignement professionnel de l’académie de Strasbourg –  7 juin 2012