dimanche 15 décembre 2019

GFA accueil des EIP en milieu scolaire ordinaire 2013-2015

1. Présentation


Ce GFA s’est inscrit dans une stratégie globale de prise en compte de la diversité des profils des élèves.

Les EHPI sont des élèves à besoins éducatifs particuliers. Apprendre à les connaître et à mieux les accompagner ne peut que participer à une ouverture à la diversité des profils d’élèves et donc à une adaptation des pratiques pédagogiques bénéfiques au plus grand nombre.

Après la phase de réflexion lors de la première année de travail, qui a permis de concevoir des documents d’information, d’aide au repérage, de protocole d’accueil et de pistes de prise en charge des EIP, le deuxième GFA a eu pour objectif de concevoir des adaptations pédagogiques à mettre en place et à expérimenter dans différents établissements scolaires.

Il s’agissait de réfléchir à des stratégies pédagogiques en classe et hors classe (dans le cadre d’ateliers d’accompagnement éducatif en transdisciplinarité par exemple).

 

Christine Minetto

IA-IPR de Langues Vivantes, spécialité anglais.

 

Contributeurs : accéder à la liste des contributeurs au GFA "accueil des EIP en milieu scolaire 2013-2015"

 

2. Introduction générale, par Daniel Wurmberg et Marie Heller


2,3% des enfants du premier degré présentent un profil d'enfants intellectuellement précoces, soit un à deux élèves par classe pour les 3,5 million d'élèves au total.

Cette problématique est souvent méconnue. Ce sont des enfants qui disposent d'aptitudes particulièrement développées dans certains domaines, tout en étant relativement sensibles et immatures d'un point de vue affectif et social.

Ils peuvent avoir du mal à s'adapter, se sentent décalés dans leurs perceptions du monde.

Leur sensibilité extrême, leurs exigences vis-à-vis d'eux-mêmes, leur perspicacité déconcertante qui peut être vécue comme un affront, leurs compétences et avidités intellectuelles les distinguent et compliquent considérablement leur intégration sociale et scolaire.

Certains d'entre eux sont dans une souffrance, un mal être tel qu'il peut les amener à un décrochage scolaire, une marginalisation, un repli sur soi.

Ils ont besoin d'être reconnus, ont besoin de certains aménagements, de défis intellectuels.

Il faut considérer leur affectivité sensible (ils prennent tout à la lettre, cherchent des cohérences dans ce qu'on leur dit), leurs besoins intellectuels (on dit qu'il faut leur donner à manger), et leurs difficultés (manque de méthode, brouillons, partisans du moindre effort, intérêts sélectifs).

Ils n'en sont pas moins des enfants qui ont chacun leur personnalité, avec les mêmes besoins éducatifs que les autres (civisme, limites etc.)

Lorsqu’ils arrivent au collège, les difficultés peuvent s’accroitre. En effet, une étude montre que 15% d’entre eux sont en échec en fin de 5è, 28% en fin de 4è et 33% en fin de 3è !

 

Ainsi que le stipule le circulaire n° 2013-060 du 11 avril 2013 : « une attention particulière devra être accordée aux élèves intellectuellement précoces (EIP), pour qu'ils puissent également être scolarisés en milieu ordinaire. »


C’est dans cet esprit que nous nous sommes réunis pendant deux ans, afin de concevoir des adaptations pédagogiques, de réfléchir à des stratégies à expérimenter, et en réfléchissant à la continuité d'une démarche d'enseignement au service de l'enfant.

3. Première partie : reconnaître et comprendre les EIP


C’est grâce à nos lectures, à nos participations à diverses conférences et colloques, organisés notamment par les associations de parents AFEP et ANPEIP, ainsi qu’à nos échanges avec différents experts, que nous avons réalisé un diaporama afin d’informer les enseignants sur la spécificité des EIP lors des formations.

 

On y trouve des explications quant à leur fonctionnement cognitif particulier, la dysynchronie qui les caractérise, et leur structure affective « hyper tout ». Nous y expliquons la démarche de notre recherche d’adaptations pédagogiques et le tout est un support de transmission pour une formation.



4. Deuxième partie : les prendre en charge


A) dans l’établissement :

 

a) Les repérer

 

Lorsqu’un EIP va bien, il peut passer inaperçu…et tant mieux !

Face à un élève en difficultés d’apprentissage ou comportementales, et lorsqu’aura été écarté tout autre problème relevant de difficultés de compréhension ou de lacunes accumulées etc., nous devons nous demander : et s’il était EIP ?

C’est pour cette raison que nous avons rédigé une grille d’aide au repérage. C’est une liste, non exhaustive, de points qui peuvent aider à comprendre le fonctionnement de l’élève, et qui est aussi un très bon outil de dialogue avec des parents lorsque la question n’avait jamais encore été évoquée.

 

    b) Les accompagner

     

Un « accueil positif » des élèves dès la rentrée est évidemment gage d’un bon démarrage de scolarité au collège pour tous les élèves.

Il nous a semblé nécessaire de tenir compte de la spécificité des EIP dès la rentrée.

En ce sens nous faisons une proposition d’accueil d’après l’ouvrage de STAQUET (voir bibliographie) et au regard de ce qui a été mis place dans un collège du Bas-Rhin pour les élèves dyslexiques, ainsi que des pistes organisationnelles.

Des ateliers d’approfondissement ou d’épanouissement sont un levier fort pour éviter le décrochage des EIP. Les premiers les aideront en terme d’organisation et de méthodologie (apprendre à apprendre, se familiariser avec l’outil carte mentale ou apprendre à synthétiser sur une diapositive de diaporama, expliquer son raisonnement en atelier de tutorat ludique à l’aide de briques de lego…) ; les seconds leur donneront un lieu où se retrouver avec des pairs pour laisser s’exprimer passions ou autres centres d’intérêt (club échec, gazette du collège, atelier théâtral…)


  1. B) en classe :

       

 

a) Pistes de prise en charge transversales

 

Une fois les élèves repérés, il faut mettre en œuvre des pistes de prise en charge.

Nous avons donc rédigé une grille d’aide à la prise en charge des EIP, proposant des pistes pour chaque point évoqué dans le document de repérage.

Ces pistes sont interdisciplinaires.

 

b) Le menu d’approfondissement : pourquoi ? Comment ?
 

Notre mission d’enseignant est de mettre tous les élèves en situation d’apprentissage, et nous ne pouvons oublier ceux qui se situent dans le haut de la zone proximale de développement.

En classe, un EIP qui s’ennuie est un EIP qui n’ira pas bien, qui va décrocher.

Pour pallier cet ennui, charge au professeur de trouver comment proposer à l’EIP de quoi assouvir sa soif de connaissance tout en respectant les programmes officiels et la façon de fonctionner de l’élève.

L’EIP aime les défis, il a besoin de saisir le sens des apprentissages, tout en mettant ses connaissances en « réseau », en liant les matières les unes aux autres.

En ce sens, nous nous sommes inspirés du travail de Susan WINEBRENNER (voir bibliographie) pour proposer ce qu’elle appelle un menu d’approfondissement.

Nous avons rédigé une fiche d’aide à la réalisation de ces menus, ainsi que plusieurs exemples.

A noter : les menus sont dans les pièces jointes sous la matière principale mais la plupart sont interdisciplinaires et proposent des axes de travail dans plusieurs matières.

Exemples de menus en HG :

  • Niveau 3è , la seconde guerre mondiale

Conditions

Fiche élève

Menu

Document

  • Niveau 3è, la guerre froide

Conditions

Fiche élève

Menu

Documents

  • CM2, la révolution industrielle

Conditions

Fiche élève

Exemple de menu en anglais :

  • niveau 4è, l’Australie

fiche élève

menu

 

Autre piste en maths

Suggestion de prise en charge des EIP

Sites internet utiles

 

5. Bibliographie, sitographie

 

Liste des ouvrages et sites internet consultés et mentionnés.

 


Nous l’avons vu, depuis la rentrée 2002, de nombreuses circulaires préconisent la mise en place d’une pédagogie adaptée aux besoins des EIP. Si bon nombre de ces élèves poursuivent une scolarité sans heurt, certains peuvent rencontrer des difficultés passagères ou durables, pouvant aller jusqu’à l’échec scolaire.

En effet, leur fonctionnement différent peut les mettre en situation de souffrance, surtout au moment de l’adolescence et du collège, où finalement la pensée convergente est de mise : «  une question, une réponse, chaque règle ayant sa définition propre… »

S’occuper des EIP en milieu scolaire, c’est prendre en compte leur différence, l’accepter, faire preuve de bienveillance et d’équité.

Dans le cadre de la personnalisation des parcours des élèves, le ministère a édité en 2013 une brochure de ressources d’accompagnement pédagogique à destination des enseignants.(http://eduscol.education.fr/cid59724/eleves-intellectuellement-precoces.html ) Initiative louable et nécessaire. Mais force est de constater que les professeurs ne voient pas toujours l’intérêt de porter tant de considération à des enfants qui, à priori, « auraient tout pour réussir » !

Tout le problème est donc bien, en premier lieu, d’aller contre ces préjugés, et de faire un travail d’information auprès des enseignants, de leur expliquer qui est l’EIP, qu’il peut aussi présenter des troubles d’apprentissage (dyslexie ou autre) et être en difficulté et/ou en souffrance de par son décalage. Et ensuite, réfléchir à leur prise en charge.

Le GFA a produit des outils utilisables de formation, et déclinables selon les besoins (formation continue, FIL, FTP …)

Nos objectifs sont :

  • d’informer les collègues

  • de les guider vers une pédagogie différenciée (pistes de gestion du groupe classe, de l’élève au sein de la classe…)

  • de proposer des stratégies pédagogiques

  • d’initier une réflexion autour de la problématique des parcours individualisés et d’une cohérence en inter degrés, afin d’éviter le décrochage de l’élève EIP.

bon à savoir

EHPI : Élève à Haut Potentiel Intellectuel

EHP : Élève à Haut Potentiel

EIP : Élève Intellectuellement Précoce

2CA-SH : Certification Complémentaire pour l'Adaptation Scolaire et la Scolarisation des élèves Handicapés

TSA : Troubles Spécifiques des Apprentissages

ASH : Adaptation Scolaire des Élèves Handicapés