mardi 2 mars 2021

Les limites du marché

Quelles sont les limites du marché ? A/ Les marchés imparfaits 1) Le pouvoir de marché Rappel : fonctionnement idéal du marché. Libre apparition de la concurrence. Plusieurs offreurs et plusieurs demandeurs qui peuvent se rencontrer sur un marché. Si 5 conditions de la CPP réalisées, on devrait avoir un prix d’équilibre, jamais de crise économique, jamais de surproduction, etc… Et pour atteindre cela, il faudrait « laisser faire ». Ce serait un ordre naturel, une organisation spontanée selon les économistes les plus libéraux qui font confiance au marché. Oligopole http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-economique/video/2977134001015/telephonie-amende-record.fr.html Oligopole : marché sur lequel un petit nombre d’offreur limite les mécanismes de la concurrence.  Monopole http://boutique.ina.fr/video/2530546001021/amende-europeenne-pour-microsoft.fr.html et : http://fr.euronews.net/2011/03/31/microsoft-contre-google-avec-pour-arbitre-la-commission-europeenne/ Monopole : marché sur lequel il n’y a qu’un seul offreur. Situation extrême : Monsanto s’est créé un pouvoir de marché et devient faiseur de prix, au détriment des producteurs agricoles du tiers monde. http://www.youtube.com/watch?v=s4Ko-tmDHiU Le cas Monsanto, USA spécialisé dans les biotechnologies et les OGM. rend tout le monde dépendant : leurs produits ne collent qu'avec leurs engrais et leurs graines pour les années suivantes semences qui ne germent qu'une fois. Dans la réalité, on voit que spontanément, ce n’est pas la concurrence qui apparait mais l’inverse. Dans ces trois situations, le ou les offreurs disposent d’un pouvoir de marché. Les acheteurs sont dépendants d’eux, ils peuvent s’imposer. Ces offreurs ne sont plus alors obligés de suivre le prix normal du marché, mais peuvent imposer leur prix. On dit qu’ils ne sont pas preneurs de prix mais faiseurs de prix ! Cela implique donc une intervention de l’Etat pour protéger les agents économiques et faire respeter la concurrence. 2) Le manque d’information Asymétrie d’information quand l’une des partie de l’échange marchand dispose de plus d’informations que l’autre. Certaines informations sont difficiles d’accès, compliquées à obtenir ou à interpréter et parfois, les informations sont même volontairement cachées ! L’un des agents (vendeur ou acheteur) peut donc se faire avoir et mettre à cette activité économique. Cas 1 : Changement de comportement / tricheries  Exemple 1 : Comportement à risque en montagne : (Aléa moral)  http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-sauvetage-des-skieurs-hors-piste-5596214.html = Une entreprise privée pourrait-elle se charger d’assurer entièrement des personnes dans ce genre de situation ? Ceux qui savent qu’ils sont observés, protégés et accompagnés se risqueront plus facilement ! Il est vrai que les personnes qui ne respectent pas les consignes de sécurité, sont amenées à participer aux frais de recherche, mais elle savent qu’en France en tout cas, on viendra les chercher ! Situation départ : Environ 5% des gens doivent être secourus par hélico, …. Coute en moyenne sur l’ensemble de la population 500 Euros par personne. Situation 2 : Une entreprise propose d’assurer contre ces risques et prend en charge les secours par hélico. Demande 600 Euros par an et par personne. Mais à partir de là, le comportement des gens change, sans qu’ils ne préviennent l’entreprise. Ils prennent plus de risques. Ou dise prendre les risques qui sont converts, même en dissimulant la vérité. Situation 3 : Soit l’entreprise décidait d’augmenter les prix, ceux qui ne prennent jamais aucun risque partiraient. Ce serait trop cher par rapport à leur besoins. Il ne resterai que les gens les moins prudents et cela ferait encore augmenter les coûts de l’entreprise ! = Faillite ! A terme, soit on a un système qui ne couvre que les plus riches et plus prudents qui n’en ont pas vraiment besoin, soit toutes les entreprises font faillite et personne n’est couvert ! Conclusion : Quand l’entreprise ne peut pas être parfaitement certaine du comportement des usagers et que cette offre est importante (voir indispensable pour notre système de santé par ex), on ne peut pas recourir au marché. La seule solution est de faire une couverture générale de toute la population pour étaler les risques sur un max de cotisants et garantir une couverture pour tous. Le marché ne fonctionne pas toujours très bien, parce que la nature humaine n’est pas toujours irréprochable : Aléa moral = l’individu change de comportement dans une situation pour profiter de manière égoïste du système (comme cacher des informations). Exemple 2 : La titrisation d’actifs risqués (le vendeur cache des infos). Pb de la crise des subprimes est que des banques ont prêté de l’argent à des ménages pauvres en sachant qu’ils pourraient ne pas rembourser. Elles ont osé prendre ces risques car elles savaient qu’elles pouvaient revendre ces actifs à d’autres agents, mélangés avec d’autres produits et ne pas supporter elles-mêmes le risque du crédit ! Les prêts aux particuliers ont été revendu en titres financiers obscurs, mélangés à d’autres produits. Les banques et investisseurs qui les ont achetés connaissaient la rémunération théorique, mais pas le contenu et les dangers de ces produits. Cas n°2 : Offreurs et demandeurs ne se rencontrent pas ! Les voitures d’occasion : les pièges à éviter (source LCM – La Chaine Marseillaise) http://www.youtube.com/watch?v=LMSsc91UuKo Est-ce que toutes les ventes de voitures d’occasion sont des arnaques ? Iriez-vous facilement acheter une voiture d’occasion sans aucune crainte ? → Parce que certains offreurs pourraient tricher, le marché fonctionne mal, même pour les agents honnêtes. Le marché ne fonctionne pas toujours parfaitement car certaines informations sont inaccessibles au consommateur. Normalement, le marché doit permettre la rencontre de l’offre et de la demande attirés par un gain mutuel et la concurrence devraient pousser à une qualité croissante et à une rencontre de l’offre. Information difficile à trouver ou à traiter conduit à des situations absurdes. Le manque d’info et de confiance peut conduire à une dégradation des échanges ou fait même disparaitre l’échange. Doc 2 p. 135 (Belin) Résumé : Si prix des voitures sur marché automobile baisse, on entre dans cercle vicieux à cause du manque d’info. Ceux qui ont une voiture encore assez bonne ne veulent plus la vendre. Il ne reste que les moins bonnes voitures. Dans ce cas, si on pouvait tout savoir en détail des voitures, certains achèteraient encore en connaissance de cause. Mais comme l’acheteur peut penser que le vendeur lui cache des choses, il n’ose pas. Il y a moins d’échanges sur ce marché. Donc les prix baissent encore, les voitures sont encore plus mauvaises et il y a encore plus de doute et moins de confiance. Finalement, il y aura encore moins d’échange. Pour de gros achats comme ceux d’une voiture, le manque d’information peut tuer le marché ! Les vendeurs de bonne voitures et les acheteurs pourtant prêts à dépenser assez ne se rencontrent pas ! C’est aux pouvoir publics d’essayer de rendre un maximum d’informations obligatoire pour maintenir le marché.   B/ Stratégie des entreprises 1) L’innovation pour contourner le marché concurrentiel Innovation = Mise en œuvre d’une invention dans le domaine de la production. Les principales innovations portent sur de nouveaux produits, de nouvelles techniques ou de nouvelles organisations de production. · Monopole temporaire. http://www.youtube.com/watch?v=KegTWKbE6aI Slogan : « Dites bonjour au plus incroyable des I Phone ». On insiste sur le côté étonnant, neufs du produit. On ne trouvera pas ça ailleurs. Lorsqu’une entreprise fait une innovation de produit,  elle dispose pendant un certain de temps d’une position dominante : elle est la seule à produire ou utiliser l’innovation. Elle a donc un pouvoir de marché qui lui permet d’améliorer son profit. . Les producteurs peuvent éviter la concurrence par les prix en pratiquant une différenciation du produit. http://www.m6bonus.fr/actualites-2238/video-steaks_haches_produits_rappeles-79990.html Trois marques, vendant à des prix différents allant du simple au double, alors que le contenu est le même ! C’est le design de la boite, le nom de la marque qui fait la différence ! La qualité, la publicité centrée sur la marque, le conditionnement, etc…, sont utilisées pour marquer cette différence. Dans ce cas, la concurrence ne peut plus porter uniquement sur les prix pratiqués par les offreurs : on parle alors de compétitivité hors prix ou structurelle. Innovation dans la communication pour créer des niches ! Doc 3 p. 135 · Innover pour tromper le Consommateur ! http://www.youtube.com/watch?v=ngPWz7t9EaA Au magasin, comparaison de lots de 15 paquets de mouchoirs. On regarde les prix et on prend le moins cher. Sauf que surprise, certains ne mettent plus que 9 mouchoirs dans leurs paquets et personne ne va s’amuser à calculer le prix du mouchoir pour comparer ! Reebok condamné pour publicité mensongère à propos des vertus de ses chaussures « musclantes » ! 2) La concentration pour s’affranchir des règles du marché · Concentration horizontale : Danone qui détient Volvic et Evian, Peugeot qui rachète Citroën , Renault qui rachète Nissan.  · Concentration verticale : Peugeot qui détient Gefco, Peugeot finance. LVMH qui détient Christian Dior, kenzo, givenchy plusieurs marques de champagnes, etc…et qui détient séphora, la samaritaine, le bon marché mais aussi le quotidien Les échos! (· Concentration conglomérale : Bouygues qui détient TFI, Bouygues télécom, Bouygues construction (parc des princes, stade de France, arche de la défense, mosquée Hassan II au Maroc…), Colas (routes). ) C/ Quand l’Etat s’impose 1) Prendre en charge les biens collectifs et le patrimoine Une forêt, un parc, un beau paysage, un phare, un lampadaire, les idées, le sentiment de sécurité … sont des biens collectifs : ils sont non-rivaux et non-exclusifs. Le fait qu’une personne les utilise n’empêche pas les autres d’en profiter et on ne peut pas empêcher quelqu’un d’en profiter. Il n’est donc pas possible d’exclure celui qui ne paye pas et on ne peut pas savoir qui a utilisé quelle quantité de ce produit. Il est donc impossible d’effectuer une facturation, d’avoir un prix, et dnc de laisser des entreprises privées s’en charger ! Ou du patrimoine culturel que l’on veut préserver et rendre accessible à tous : http://www.ina.fr/art-et-culture/beaux-arts/video/2426489001036/chateau-de-versailles-17-ans-de-travaux.fr.html En sachant que le château de Versailles n’est pas rentable ! 2) Gérer les externalités http://www.youtube.com/watch?v=5P1IAKzvBUw&feature=related Une fois qu’une information est découverte, on ne peut pas facilement la retenir. Elle est parfois longue et chère à trouver mais on ne pourra pas en garder l’exclusivité. Peut-être que dans 100 ans, on achètera des cellules souches en cannette pour se régénérer. Nous en profiterons et beaucoup d’entreprises en vivront ! Comme certains chercheurs ont à un moment donné trouvé l’impact de l’Aloévéra qu’on trouve maintenant, dans toute les crème, sur les mouchoirs, etc… Externalité positive = situation économique dans laquelle l'acte de consommation ou de production d'un agent influe positivement sur l'utilité d'un autre agent, sans que cette influence ne se traduise par une compensation monétaire. Ex : implantation d’un siège social d’entreprise à proximité d’un restaurant, construction par l’Etat d’une ligne de RER valorisant les terrains des riverains, … Comme elles ne rapportent pas toutes les richesses crées à ceux qui les émettent, c’est souvent à l’Etat de les susciter car il vise la croissance et le bien être collectif au-delà du profit. Une vidéo sur l'ouverture de la LGV Rhin Rhône (comme exemple d'externalité positive) : http://www.dailymotion.com/video/xkxdt9_tgv-rhin-rhone-quels-impacts-sur-le-tourisme_auto. Doc 1 p. 136 Q1 : Pourquoi les GES sont la plus grande défaillance du marché ? Q2 : Comment peut-on internaliser à l’économie ces externalités ? Q3 : Quel est le rôle des pouvoirs publics dans cette crise environnementale ? Exemples ? http://www.ina.fr/fresques/jalons/fiche-media/InaEdu01505?video=InaEdu01505 D’où viennent les problèmes d’eau en Bretagne ? Ces responsables vont-ils acheter de l’eau pour ceux qui ne peuvent plus boire l’eau du robinet ? Vont-ils indemniser les Hôtels désertés car les clients n’aiment pas les algues ? Le marché gère-t-il ces problèmes ? Externalité négative = situation économique dans laquelle l'acte de consommation ou de production d'un agent influe négativement sur l'utilité d'un autre agent, sans que cette influence ne se traduise par une sanction financière. Ex : Si une usine de produits chimiques et un agriculteur sont installés à proximité, alors, les émanations des cheminées de l’usine ont susceptibles de rendre les cultures de l’agriculteur impropres à la consommation. Comme elle ne coute rien à celui qui les produit, mais cause des dégâts importants, l’Etat doit intervenir, soit pour les internaliser au marché en leur donnant un prix, soit pour les interdire. L’Etat trouve donc une légitimité pour intervenir en internalisant les externalités positives ou négatives dans les calculs économiques des agents. Instruments qu’il peut utiliser : réglementations, normes, taxes. 3) Accompagner les soubresauts du marché La tulipomania en Hollande au 16ème siècle La tulipe […] pousse à l’état sauvage dans les pays de la Méditerranée orientale et plus à l’est. Ses bulbes arrivèrent pour la première fois en Europe occidentale au 16ème siècle […]. Un immense prestige fut bientôt associé à la possession et à la culture de la plante. Et si l’on aimait  beaucoup les plus exceptionnelles de ces fleurs, on aima vite encore plus la hausse de prix que leur beauté et leur rareté imposaient. C’est pour cette hausse qu’on achetait à présent les bulbes et, vers le milieu dans années 1630, elle semblait ne devoir connaître aucune limite […]. Les prix étaient extravagants ; en 1636, un bulbe jusque-là « sans valeur intrinsèque » pouvait  s’échanger contre « un carrosse neuf, deux chevaux gris et leur harnais » (soit l’équivalent de 25 000 à 50 000€ d’aujourd’hui). La fin arriva en 1637. Les sages et les nerveux commencèrent à prendre leurs distances, nul ne sait pourquoi ; d’autres les virent partir ; la ruée pour vendre se fit panique ; les prix tombèrent dans un précipice. John Kenneth Galbraith, Brève Histoire de l’euphorie financière, Le Seuil 1992 En 2009, mise en place d’un vaste plan de relance pour faire face à la crise et relancer l’activité économique avec des dépenses publiques : http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-relance-en-marche-prolongement-de-la-ligne-a-grande-vitesse-est-europeenne Voir sur le côté, les autres vidéos de projets. 4) Réduire le chômage et la pauvreté Les conséquences de l’économie de marché sont parfois inacceptables : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/I11052343/la-crise-de-1929.fr.html - Faut-il accepter les inégalités ou la mauvaise répartition des richesses parce que tout le monde serait en mesure d’entreprendre et de se débrouiller ? Nous serions tous responsable de notre sort car le marché est aveugle, ne fait pas de discrimination. Mais avons-nous tous les mêmes chances sur le marché ? Le marché est-il vraiment appliqué pour tous ? http://www.youtube.com/watch?v=Bn_gKF_NlqI - Faut-il accepter la hausse des prix ? Les néoclassiques nous disent que les libres variations des prix permettent l’allocation des ressources. Si une chose est rare, son prix augmente et moins de personnes en demandent. Mais parfois cette baisse de la demande n’est pas un choix du consommateur qui décide d’acheter autre chose. Le logement, la nourriture, l’eau peuvent devenir rares. Est-ce juste que leur prix augmente et que seuls les plus riches puissent se l’offrir ? http://videos.tf1.fr/jt-20h/hausse-du-chomage-le-prix-de-la-crise-6896152.html Face à une telle augmentation du chômage et dans ce contexte, peut-on dire que les chômeurs sont responsables de leur situation ou trop exigeants ?  A priori, pas de smic, pas d’allocations chômage, pas de RMI.      Mais le marché du travail tel que le représentent les néoclassiques n’existe pas. · En réalité, les travailleurs n’ont pas toujours un pouvoir de négociation et ne font pas d’arbitrage entre le travail et le loisir. · De plus, il n’est pas vraiment acceptable de dire que c’est quand le salaire augmente que plus de travailleurs offrent leur force de travail, en général, une énorme majorité des gens veulent travailler ! · Et ce n’est pas un marché qui pourra bien fonctionner, car dans une économie ou 90% des gens sont salariés et ne possèdent pas leurs moyens de production, ceux qui proposent des emplois salariés ont un pouvoir sur les travailleurs ce qui fausse le marché. Laissez le salaire se fixer librement = parfois sous le minimum vital = exploitation. Entraîne aussi parfois chômage massif. · Ensuite, si on laisse le marché fonctionner, il se peut que le chômage ne se résorbe jamais. Baisse des salaires = baisse de la consommation = baisse de la production = encore moins de main d’œuvre nécessaire. L’Etat doit intervenir pour briser le cercle vicieux.