jeudi 24 octobre 2019

Mise en place d'une option nommée Art et patrimoines en classe de 3e, en lien avec le lycée Montaigne

Mise en place d'une option nommée Art et patrimoines en classe de 3e, en lien avec le lycée Montaigne

Romain Blandre, professeur d'histoire-géographie au collège Saint-Exupéry, préfet des études des classes de 3e, à l’origine de la mise en place de cette option, et Francesco Belcastro, professeur d'histoire-géographie au lycée Montaigne, exposent leur démarche 

 

 

Cette année, pour la première fois, un groupe de 17 élèves d'une classe suit une option d'une heure, propre au collège Saint-Exupéry, qui permet d'entrer en contact et de découvrir des œuvres artistiques, culturelles et patrimoniales et d’enrichir ses connaissances en histoire des arts.

Cette option, construite dans la pluridisciplinarité histoire-géographie, arts plastiques et français, a été pensée en lien d’une part avec l'épreuve d'histoire des arts au DNB, d’autre part avec l'enseignement d'exploration Patrimoines, proposé par l’un des lycées de secteur, le lycée Montaigne.

Des séances communes de cours associent les élèves de 3e et leurs enseignants avec les élèves de l'enseignement d’exploration Patrimoines du lycée et leurs enseignants.

 

D'où vous est venue l’idée  de mettre cette option en place ?

R.B : On a d'abord observé au collège un intérêt marqué des élèves et des collègues pour l'option histoire des arts du DNB et on souhaitait s'appuyer sur cette dynamique positive. On avait aussi comme objectif d'apporter une réelle plus-value aux élèves et d'entreprendre avec eux une démarche d'excellence, sans pour autant former un groupe de niveau. Enfin, l'approche pluridisciplinaire de l'option nous intéressait.

F.B : Au lycée, on avait le souhait d'articuler le choix des élèves post-3e avec les enseignements d'exploration proposés, notamment l'enseignement Patrimoines. On constatait, en effet, lors de la mise en place de cet enseignement qu’il était choisi surtout par des élèves hors secteur. On a donc fait un effort de présentation et de communication auprès des élèves de nos collèges de secteur, tout en menant un travail plus étroit avec Saint-Exupéry. En tant qu'enseignants, ce qui nous semblait aussi intéressant c'était la possibilité de développer l'initiative et l'autonomie des élèves, de travailler sans contrainte, sans évaluation et tout en faisant des sorties.

 

Cette option s'appuie sur la liberté pédagogique des enseignants :

R.B : C'est vrai qu'on goûte une certaine liberté puisqu'on a choisi nous-même nos thématiques et nos contenus d'enseignement, qu'on travaille avec des collègues motivés de disciplines différentes (un professeur d'EPS est également associé dans le projet, par exemple). On enrichit donc nos pratiques réciproques en partageant des séances, en intervenant à deux face aux élèves. On met aussi en évidence que nos disciplines sont adjacentes et on s’appuie là-dessus. Et puis, en tant qu'enseignant, il y a un intérêt fort à travailler avec des élèves volontaires et motivés.

F.B : Dans cette option, les élèves ne sont certes pas évalués, mais ils produisent beaucoup de travaux, que ce soit individuellement ou collectivement. Chaque sortie induit une production et nous valorisons cet engagement des élèves.

 

 

Quels bénéfices constatez-vous à ce jour à faire fonctionner cette option ?

R.B : D’abord, en tant qu’enseignant, on se fait plaisir et on a devant soi des élèves qui se font plaisir aussi. C’est essentiel ! Une telle option pose aussi de bonnes questions dans le collège : quel rayonnement on lui donne dans l’établissement, est-ce qu’on l’articule avec d’autres options ? Comment et en fonction de quoi fait-on évoluer les thématiques ? Comment on forme une équipe motivée et efficace ? Dans la mesure où l’option intègre des temps communs avec le lycée, on réussit aussi à éviter cette rupture totale qui met les élèves en difficulté. Il y a un passage de témoin, les professeurs d’histoire-géographie du lycée nous connaissent, savent ce qu’on a fait avec les élèves et travaillent dans la continuité. Un travail partagé (par la création d'un espace d'échanges de cours sur internet) permet de savoir ce que chacun fait en classe.

F.B : Mettre en place une telle option au collège demande un travail intense des équipes pédagogiques et démontre qu’une réflexion de fond est engagée pour préparer les élèves au lycée. En ce sens, on s’attaque à l’éternel mythe que les enseignants qui nous précèdent n’ont pas fait ce qu’il fallait pour assurer la réussite de leurs élèves dans l’étape suivante de leur scolarité. La réussite des élèves se construit dans une connaissance réciproque et dans une réflexion commune.

 

Deux élèves ont également pu s’exprimer sur la mise en place de cette option.

 

Quelles plus-values retirez-vous de cette option ?

D’abord, on découvre des œuvres et des lieux et on acquiert des connaissances culturelles. Ensuite, on est motivé par cette option qui nous intéresse. On apprend à décrire et à analyser des œuvres, on apprend à prendre la parole en public pour présenter des œuvres et dire ce qu’on en a compris. Ce sera sans doute un plus pour nous au lycée ; on connaitra le lycée, on saura quel enseignement d’exploration choisir et on aura plus de culture.

 

La dynamique expérimentale mise en place au collège dans le cadre d’Eclair ne constitue sans doute pas à elle seule la réponse à donner aux difficultés de savoir et de savoir-être que rencontrent nos élèves.

Elle s’est cependant avérée très positive pour nous, dans la mesure où elle a contribué à insuffler une énergie et une motivation fortes, aussi bien dans les équipes pédagogiques que dans les classes. Elle nous a également incités à sortir de notre établissement pour envisager notre travail en lien étroit avec l’élémentaire et le lycée.

Maintenir cette dynamique positive, savoir en renouveler le souffle, continuer à développer l’esprit collectif, faire appel à la responsabilité de chacun pour œuvrer à la réussite des élèves, tel est notre objectif premier.

La mise en réseau école-collège….

 

Les semaines expérimentales

 

Travailler en langues vivantes en îlots bonifiés