dimanche 20 septembre 2020

Les démarches actives en EMC

Les programmes d’EMC  incitent les professeurs à s’appuyer sur des démarches actives pour construire leurs séquences. Il doit y avoir une cohérence entre les contenus de l’enseignement de l’EMC et les méthodes mises en œuvre.  Celles-ci sont essentielles et conditionnent la réussite, car les compétences visées dans cette discipline concernent des savoir-être et des savoir-faire qui s’acquièrent progressivement et réclament de conjuguer différentes démarches pédagogiques. Elles reposent sur la mise en activité des élèves, des pratiques qui vont leur permettre d’acquérir une conscience morale leur permettant de comprendre, de respecter et de partager des valeurs humanistes de solidarité, de respect et de responsabilité.

 

Ces démarches ne sont pas toujours nouvelles, certaines font déjà partie de nos pratiques pédagogiques (ex : le débat), mais les programmes nous incitent à y avoir recours de manière plus régulière. L’objectif de l’EMC est de former le futur citoyen, donc d’éveiller et de l’aider à former sa raison critique et de l’inciter à s’engager. Nous sommes encourager, dans ce cadre, à diversifier nos démarches et à avoir recours plus fréquemment à des démarches qui permettent aux élèves de s’exprimer réellement et plus librement, de développer leur esprit critique et de forger leur capacité de jugement et de discernement.

 

Ces démarches, souvent mises en œuvre à l’étranger, s'appuient sur des situations réelles ou fictives, conduisant à traiter de questions et de dilemmes qui donnent aux élèves la possibilité de construire leur jugement moral. Elles doivent aussi inciter l’élève à s’engager, à l’échelle du collège, ou en dehors de l’école, notamment dans le monde associatif.

 

Le travail proposé ici vient en complément des fiche Eduscol consacrées à ces différentes démarches. Les fiches s’attachent essentiellement à décrire les gestes professionnels. Ces démarches actives ne seront bien maniées que si le travail mené par l’enseignant s’appuie sur une solide assise scientifique.

 

Le débat argumenté ou réglé

Le débat n’est pas une pratique nouvelle à l’école :

En 1947, dans le plan Langevin- Wallon, on affirme : «  l’exposé et la discussion des évènements et des problèmes dans leur actualité ne seront pas exclus de l’école. Des clubs d’étude et de discussion enseigneront aux jeunes la valeur et les difficultés d’une recherche sincère de la vérité, le respect de la liberté de pensée et d’expression pour tous. »

 

Les programmes d’Education civique de 1998 et 2008 pour le collège, et ceux d’ECJS de 2000 puis 2010- 2011 pour le lycée, invitent à la pratique du débat

 

Cette pratique est à nouveau plébiscitée dans le cadre de l’EMC et y a une place centrale car elle est au cœur d’une éduction à la citoyenneté en permettant de participer à la construction du jugement moral et du civisme chez les élèves.

 

Le débat est par excellence un élément constitutif de la démocratie :

  • Il permet à chacun d’exprimer son opinion, d’entendre des points de vue différents tout en restant attentif au fait que toutes les opinions ne se valent pas.
  • L’expression de la pluralité doit se faire dans le respect des valeurs de la démocratie.
  • Le débat vise la recherche d'un compromis ou d'un consensus sur fond de divergence des points de vue, voire de conflit.

Les dilemmes moraux

L’étymologie grecque dilêmna signifie « argument à deux fins ».  Le dilemme moral propose deux issues à l’élève sans que l’une ou l’autre ne soit bonne ou juste à priori.

La question est rédigée en terme de devoir mais elle ne s’applique pas à l’agir moral, elle s’applique au jugement moral , elle fait donc référence à ce qu’il faudrait faire même si on ne se sent pas capable de le faire.

 

En EMC, l'objectif, si on cherche à répondre à un dilemme moral, c’est de faire croître l'autonomie morale des élèves et leur apprendre à développer leur capacité à juger par eux-mêmes. Cette pratique permet également de développer le respect du pluralisme des opinions dans le cadre d’une société démocratique, tout en rappelant que la loi civile en est la garantie.

 

La discussion à visée philosophique

La discussion à visée philosophique ou oral réflexif a pour objet de réfléchir au sens des choses, en dehors de toute prise de décision et sans viser l'action.

Cette réflexion implique de sortir de soi-même, de partager les questions existentielles dans le temps et l'espace pour penser notre condition humaine dans ce qui fonde notre rapport au monde et aux autres.

 

Les messages clairs

Le message clair vise à orienter une discussion vers la résolution non-violente de petits différends, à désamorcer des conflits entre pairs, dans un esprit de responsabilité, de respect mutuel et de construction de l'autonomie.

La méthode de la clarification des valeurs peut se définir comme une méthode d'éducation aux valeurs fondée sur l'examen méthodique d'une expérience de vie. On peut donc partir des conflits existant dans la classe afin de tenter de les résoudre. C’est apprendre aux élèves à adapter les valeurs aux aléas de la vie.

 

Le conseil d'élèves

Instances consultatives, les conseils d'élèves au niveau de la classe ou au niveau du collège sont avant tout des lieux privilégiés de dialogue et d'échange entre tous les membres, d'expression libre des suggestions et propositions des élèves, voire de décision, sur des événements en relation avec la vie de leur classe ou de leur établissement.

 

Ils permettent d'orienter l'organisation et d'améliorer la vie de la classe, le fonctionnement du collège et ils doivent aussi pouvoir être à l'initiative de quelques actions qui sont mises effectivement en place chaque année.

 

L’EMC prend ici appui sur une instance du collège qui permet l’expression des élèves.

 

Le jeu de rôle

Le jeu de rôle est, à la base,  un jeu de société coopératif. Un joueur particulier, le meneur de jeu, met en scène une situation en s’appuyant  sur un scénario. Les autres joueurs interprètent les personnages de cette aventure. Le jeu consiste en un dialogue permanent. Le meneur de jeu arbitre la partie en s’appuyant sur des règles.

 

Le jeu de rôle pédagogique apparait lui, dans les années 1950. L'intérêt et l'usage du jeu de rôle dans l'enseignement scolaire est variable selon les pays ; ce type de méthode est encouragé dans certains pays (le Danemark ou l'Allemagne) mais jugé avec plus de réticence dans d'autres pays comme en France. Le jeu de rôle est souvent utilisé dans l'enseignement scolaire des langues vivantes, sous forme de sketchs et situations théâtrales propices à l'expression orale avec un vocabulaire donné.

 

Son usage peut faciliter l'intérêt et l'attention des élèves par une leçon plus « vivante » (pédagogie active et participative), et faciliter le processus de mémorisation.

 

La coopération entre pairs

Cette coopération est une entraide entre élèves pour faciliter les apprentissages ou réaliser des activités.

 

C’est un apprentissage individualisé qui prend en compte l’hétérogénéité des élèves. Il s’agit, par une relation individuelle de permettre la transmission d’un savoir, sa compréhension.

à consulter

Un exemple de démarche interdisciplinaire en EMC proposé par Claire Bernhard autour de la thématique "Corps, santé et bien-être".