| Le
grand-père de Victor Hugo, Joseph, maître-menuisier à
Nancy, fils d'un cultivateur de Baudricourt, village
proche du lieu de naissance de Jeanne d'Arc, avait été
adjudant dans sa jeunesse. De sa première femme,
Dieudonnée Béchet, il a eu sept filles ! De sa
deuxième, Jeanne Marguerite Michaud, cinq garçons, qui
combattirent tous dans les rangs des armées de la
Révolution. Deux de ces fils furent tués lors des
combats qui se déroulèrent à dans le nord de l'Alsace,
à Wissembourg, tout près de la frontière
allemande ; les trois autres devintent officiers. Le troisième de ces garçons, Joseph Léopold Sigisbert, né à Nancy le 15 novembre 1773, est le père de Victor. Dans le livre qu'il a consacré à notre auteur, Olympio ou la vie de Victor Hugo, André Maurois le dépeint ainsi : « Des cheveux abondants, plantés trop bas sur le front, des yeux à fleur de tête, un nez camus, des lèvres fortes et sensuelles, un teint rubicond lui auraient fait un visage vulgaire si un air de bonté, un éclair d'esprit dans les yeux et un sourire très doux ne l'avaient rendu séduisant. Il avait commencé, chez les chanoines réguliers de Nancy, des études tôt interrompues puisqu'il s'était engagé à quinze ans. Il savait du latin, des mathématiques, et il écrivait assez bien, dans le style de son siècle, non seulement des rapports militaires, mais des madrigaux, des chansons, des lettres à la Rousseau, et, plus tard, des romans bizarres, noirs comme de l'encre et semés de catastrophes. [...] Ses hommes l'aimaient et le trouvaient bon enfant, capable de terribles colères, mais aussi d'attendrissements ; au fond, malgré son sorps vigoureux, un faible, sauf dans l'action où il brillait. » Il meurt brutalement en 1828, dans la maison de son fils Abel, d'une attaque d'apoplexie qui l'avait frappé « avec la rapidité d'une balle ». Son fils Victor dit alors de lui, dans une lettre : « J'ai perdu l'homme qui m'aimait le plus au monde, un être noble et bon qui mettait en moi un peu d'orgueil et beaucoup d'amour... » |
| Un nez camus est court et plat, comme écrasé. |
| Une personne dont le teint est rubicond possède un visage très rouge. |
| Un madrigal est un poème court sur un sujet ingénieux et galant. |