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I
- Lorsqu'à l'antique Olympe immolant l'Evangile,
Le préteur, appuyant d'un tribunal fragile
Ses
temples odieux,
Livide, avait proscrit des chrétiens pleins de joie,
Victimes qu'attendaient, acharnés sur leur proie,
Les
tigres et les dieux ;
-
- Rome offrait un festin à leur élite sainte ;
Comme si, sur les bords du calice d'absinthe
Versant
un peu de miel,
Sa pitié des martyrs ignorait l'énergie,
Et voulait consoler par une folle orgie
Ceux
qu'appelait le ciel.
-
- La pourpre recevait ces convives austères ;
Le falerne écumait dans de larges cratères
Ceints
de myrtes fleuris ;
Le miel d'Hybla dorait les vins de Malvoisie,
Et, dans les vases d'or, les parfums de l'Asie
Lavaient
leurs pieds meurtris.
-
- Un art profond, mêlant les tributs des trois mondes,
Dévastait les forêts et dépeuplait les ondes
Pour
ce libre repas ;
On eût dit qu'épuisant la prodigue nature,
Sybaris conviait aux banquets d'Epicure
Ces
élus du trépas.
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- Les tigres cependant s'agitaient dans leur chaîne ;
Les léopards captifs de la sanglante arène
Cherchaient
le noir chemin ;
Et bientôt, moins cruels que les femmes de Rome,
Ces monstres s'étonnaient d'être applaudis par l'homme,
Baignés
de sang humain.
-
- On jetait aux lions les confesseurs, les prêtres.
Telle une main sénile à de dédaigneux maîtres
Offre
un mets savoureux.
Lorsqu'au pompeux banquet siégeait leur saint conclave,
La pâle mort, debout, comme un muet esclave,
Se
tenait derrière eux.
II
- O rois ! comme un festin s'écoule votre vie.
La coupe des grandeurs, que le vulgaire envie,
Brille
dans votre main :
Mais au concert joyeux de la fête éphémère
Se mêle le cri sourd du tigre populaire
Qui
vous attend demain !
1823. |
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