| Pierre
Paul Rubens est né à Siegen, en Westphalie, en 1577,
parce que son père, Jan Rubens, pourtant échevin de la
ville d'Anvers et juriste réputé, a dû fuir les
Pays-Bas en 1568, pour échapper aux persécutions
dirigées contre les protestants. La famille s'installe
à Cologne l'année suivante, et y
restera jusqu'en 1587. Quand meurt le père, sa veuve
revient à Anvers avec ses enfants. Rubens étudie d'abord dans une école latine, puis est engagé comme page dans une famille noble, où il ne demeure que peu de temps, car sa mère le place en apprentissage successivement chez trois peintres anversois qui travaillent à la manière italienne. Il a vingt-et-un ans seulement quand il est reçu maître à la corporation des artistes d'Anvers. Beaucoup d'artistes et de peintres du nord de l'Europe se rendent en Italie pour se perfectionner : Rubens ne déroge pas à la règle et quitte Anvers afin de rejoindre son frère qui se trouve déjà en Italie. À peine arrivé, le jeune homme entre au service du duc de Mantoue, pour lequel il travaillera jusqu'à la fin de son séjour. Il exécute des portraits de la famille du duc et continue à étudier la peinture. En 1601, il effectue un séjour de huit mois à Rome où il découvre les vestiges de l'Antiquité latine, mais aussi les tableaux des grands maîtres de la peinture italienne de la Renaissance et de l'école vénitienne, dont il effectue des copies pour améliorer sa technique et élaborer son propre style, fondé sur la couleur et la variété exubérante des formes. |
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Il
revient à Anvers en 1608, à la mort de sa mère, et
s'installe dans la maison familiale. En 1609, il se marie
avec Isabelle Brandt, fille d'un riche et important
avocat de la ville, et obtient la même année la
protection de deux éminents personnages :
l'échevin Nicolas Rockox et l'archiduc Albert,
gouverneur des Pays-Bas, alors sous domination espagnole.
Il réalise la même année des tableaux devenus
célèbres, comme l'Adoration
des Mages ou le triptyque de
l'Érection de la Croix,
qui se trouve à la cathédrale de sa ville natale. Sa
production est abondante, mais les commandes affluent, et
il doit en 1611 construire un vaste atelier dans la
maison familiale, qu'il continue d'aménager, et aussi
recruter des collaborateurs, dont certains par la suite
deviendront eux aussi de grands maîtres, comme Van Dyck
ou Jordaens. De 1612 à 1614, il peint notamment une Descente
de Croix que l'on peut
admirer à la cathédrale d'Anvers, et reçoit en 1620
une commande pour la décoration d'une église de la
ville ; un incendie détruit l'église en 1718, de
sorte qu'il ne reste plus de ce travail que quelques
esquisses. Il est en outre, à cette époque, chargé de
missions diplomatiques auprès du roi d'Angleterre, Charles Ier, et du roi d'Espagne,
Philippe IV.. |
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