Ovide.gif (1902 octets) Retour à la page précédente
Publius Ovidius Naso est né dans le sud de l'Italie en 43 av. J.-C. ; il vient à Rome pour y faire des études de droit, avant de consacrer le plus clair de son temps à la poésie. Puis, comme Horace, il va achever ses études à Athènes, parcourt la Grèce et la Sicile, avant de s'installer à Rome où ses poèmes connaissent rapidement le succès : la bonne société apprécie ses Amours, recueil de poèmes adressés à une amante fictive ; ses Héroïdes, où il imagine une correspondance entre des héros et des héroïnes de la mythologie ; mais, selon Ovide lui-même, le succès que lui vaut son Art d'aimer, manuel de séduction au contenu pour le moins léger, lui attire également les foudres d'Auguste, qui, en l'an 8 de notre ère, l'envoie en exil dans une ville de la Roumanie actuelle : on peut penser cependant que les raisons de sa disgrâce tiennent davantage à des raisons politiques et religieuses, même si Auguste, qui désirait réformer les mœurs romaines, a pu être choqué par le contenu du livre.
Mais il vient, avant ce fâcheux événement, de renouveler totalement son inspiration et composé des œuvres plus vastes et plus ambitieuses : ses Métamorphoses, par exemple, rassemblent, en les classant selon une chronologie qui va des origines au règne d'Auguste, toutes les légendes qui racontent les transformations subies par des êtres humains, métamorphosés en plantes, en animaux, en astres ou en minéraux. Si les thèmes de l'amour et de l'érotisme demeurent présents dans ce recueil, la réflexion d'Ovide n'en est pas moins beaucoup plus profonde et insiste sur la variété des émotions humaines. Les Métamorphoses, qui mettent en valeur le talent narratif du poète, deviennent presque aussitôt la référence en matière de mythologie gréco-latine.
Ovide, qui n'a pas été déchu comme bien d'autres proscrits de sa citoyenneté romaine, et qui espère pouvoir revenir à Rome, continue à cultiver les muses du fond de son exil ; mais ses œuvres sont désormais pleines de mélancolie, comme le recueil des Tristes, où il décrit son existence malheureuse et en appelle à la clémence d'Auguste, qui fera la sourde oreille. Le malheureux Ovide ne retournera jamais en Italie : il meurt dans son exil en l'an 17 de notre ère.
Après sa mort, Auguste interdit ses ouvrages dans les bibliothèques publiques : mais cela n'empêche pas Ovide de jouir d'autant de popularité que de son vivant. Et cette popularité ne se dément pas, puisqu'elle traverse les siècles : les écrivains du Moyen Âge s'inspirent de ses poèmes ; les poètes et les érudits de la Renaissance accroissent sa renommée, et de nombreux artistes, des peintres le plus souvent, choisissent leurs sujets dans les légendes qu'il a relatées.