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Issu de la bourgeoisie
de Château-Thierry, où il est né en 1621, Jean de La
Fontaine commence par faire de sérieuses études ;
puis, tenté par l'Église, il entre à l'Oratoire en
1642 pour quitter l'ordre un an plus tard. Il commence
ensuite des études de droit, mais consacre son temps
surtout à la lecture, ainsi qu'à une joyeuse vie de
bohème en compagnie de ses amis parisiens. Il accepte de
se marier en 1647 avec une très jeune fille qui ne
tiendra guère de place dans son existence, puis il
achète en 1652 une charge de maître des Eaux et Forêts
qui lui vaudra de fréquentes randonnées dans les bois
champenois et sur les rives de la Marne. Il commence
aussi à composer des poèmes. Introduit dans l'entourage du surintendant des Finances, Fouquet, il touche de celui-ci une pension. En 1658 il peut offrir à son mécène un poème héroïque, Adonis, puis il met en chantier Le Songe de Vaux, qui célébrera les splendeurs conçues par le richissime ministre. Il se lie avec d'illustres personnes du temps, hante les salons de la capitale où il rencontre Madame de La Fayette, Madame de Sévigné, La Rochefoucauld, et d'autres encore. |
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| En 1661
survient la catastrophe : l'arrestation de Fouquet le
prive de protection et de moyens financiers ; La
Fontaine écrit alors l'Élégie aux
nymphes de Vaux (1662) et l'Ode
au Roi (1663) en faveur de son
ancien protecteur. Mais comme un malheur n'arrive jamais
seul, il est attaqué personnellement : on lui
reproche d'avoir usurpé son titre de noblesse. Sa situation se rétablit pourtant lorsqu'il devient « gentilhomme servant » de la duchesse douairière d'Orléans. En 1665, il conquiert la gloire avec des Contes et Nouvelles en vers, qu'il enrichira en 1666 et en 1671. En 1668, ses premières Fables remportent un triomphe analogue. Il publie en 1669 un roman en prose mêlée de vers, Les Amours de Psyché et de Cupidon, qui ne rencontre pas le succès des uvres précédentes, bien au contraire. Et à la mort de sa protectrice, il se retrouve à nouveau sans ressource. Heureusement, en 1673 La Fontaine devient l'hôte de la marquise de La Sablière, une mondaine charmante et cultivée qui tient un salon rempli d'esprits libres. Débarrassé de tout souci, le poète se consacre à ses plaisirs et à ses vers, protégé au surplus par Mme de Montespan, favorite de Louis XIV. De Nouveaux Contes publiés en 1674 sont cependant jugés si osés qu'ils sont interdits à la vente. Un second recueil de Fables voit le jour en 1678-1679, puis des uvres diverses : un poème sur le Quinquina, des contes, une comédie aujourd'hui disparue. En 1684, le roi autorise l'Académie française à recevoir le poète. Mais en 1680 Mme de La Sablière se retire du monde pour se consacrer à une vie dévote. La Fontaine, quant à lui, fréquente pendant quelques années encore des milieux fort libres. Tombé gravement malade en 1692, il se convertit et renie ses Contes devant une délégation de l'Académie. Il retrouve néanmoins la santé, et un ami, le riche financier D'Hervart, lui donne l'hospitalité dans son luxueux hôtel parisien ; c'est là qu'il meurt soudainement en 1695 ; en procédant à la toilette mortuaire on trouvera sur lui un cilice. Le dernier livre des Fables avait été publié en 1693. |
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