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Victor Hugo a été décidément un génie fort précoce, puisque sa première pièce de théâtre, le Château du Diable, a été composée en 1812, alors qu'il n'avait que dix ans ! D'après Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, il semblerait que l'un des premiers contacts que notre auteur ait eu avec l'art dramatique se situe à Bayonne, en 1811, au cours d'un voyage que sa mère effectua en Espagne pour y rejoindre son père :

« En arrivant à Bayonne, Mme Hugo apprit que l'escorte, qu'elle y attendait le lendemain, ne passerait que dans un mois. Il n'aurait servi à rien de se plaindre ; elle se mit aussitôt à chercher une maison ; elle en trouva une qui avait de l'espace et de la vue, et la loua pour un mois.
Elle n'y était pas depuis vingt-quatre heures que quelqu'un se présenta chez elle, et qu'elle vit entrer, couvert de breloques et saluant jusqu'à terre, un mélange du charlatan et du solliciteur. C'était tout simplement, comme elle finit par le démêler à travers un patois difficile, un directeur de théâtre qui venait la prier de prendre une loge pour le temps de son séjour. Ne sachant comment refuser, et ne sachant aussi comment elle occuperait un mois dans une ville où elle ne connaissait personne, Mme Hugo consentit à prendre la loge pour un mois.
La plus grande joie ne fut pas celle du directeur, ce fut celle des enfants. Un mois de spectacle ! tous les jours sans en manquer un ! le mois avait trente et un jours ! Ils ne voyaient pas la fin de leur bonheur. On ne leur avait pas, jusque-là, prodigué le théâtre. Leur mère y allait très peu, et ils n'y allaient jamais sans elle. Lorsque Mme Hugo avait envie de voir une pièce, elle s'entendait avec la famille Foucher, et l'on y allait ensemble ; cela n'arrivait guère plus d'une fois par an ; c'était une grosse affaire ; on emmenait généralement tout le petit monde, à la considération duquel on choisissait de préférence l'époque du carnaval. La dernière pièce qu'on eût vue était la Comtesse d'Escarbagnas. Les trois frères vivaient sur cet acte depuis un an.
Le soir même, il y avait représentation. Le dîner eut tort. Ils étaient au théâtre que le lustre n'était pas encore allumé. Quand on y vit clair, ils admirèrent leur loge drapée de calicot rouge à rosaces soufre. Ils ne s'ennuyèrent pas en attendant le lever du rideau ; la salle et l'entrée successive du public suffirent amplement à leur plaisir. Bientôt, l'orchestre exécuta une ouverture qui leur parut ravissante, et la toile découvrit la scène. On jouait un mélodrame de Pixérécourt, les Ruines de Babylone. C'était très beau. Il y avait un bon Génie magnifiquement costumé en troubadour dont les apparitions étaient espérées avec anxiété ; mais son pourpoint abricot et la plume interminable de sa toque n'étaient rien à côté de la scène de la trappe. La victime du tyran, pour éviter la mort, se réfugiait naturellement dans un souterrain ; elle y serait morte de faim et d'ennui, si le bon Génie n'était venu de temps en temps lui apporter à manger et causer un peu. Une fois qu'ils s'oubliaient dans les charmes d'une longue conversation, le Génie apercevait tout à coup le tyran qui venait à pas sourds vers la trappe soulevée ; alors le troubadour sautant rapidement sur la trappe renfonçait son protégé d'un prodigieux coup sur la tête, et le tyran restait stupide devant l'escamotage de sa victime.
Heureusement que, le lendemain, on donnait la même pièce ! Ce n'était pas trop d'une seconde représentation pour en apprécier tous les détails. Cette fois, les trois frères ne perdirent pas un mot du dialogue et revinrent sachant les cinq actes par cœur.
Le troisième jour, encore les Ruines de Babylone ; c'était inutile ; ils en avaient une connaissance suffisante, et ils auraient autant aimé autre chose. Ils écoutèrent cependant avec respect, et applaudirent à la scène de la trappe.
Le quatrième jour, l'affiche n'ayant pas changé, ils remarquèrent que l'amoureuse parlait du nez. Le cinquième jour, ils avouèrent que la pièce avait des longueurs ; le sixième, ils manquèrent la scène de la trappe parce qu’ils s'étaient endormis avant la fin du premier acte ; le septième, ils obtinrent de leur mère de ne plus aller au théâtre. "

Adèle Hugo, Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, chap. XVI.

Il compose plusieurs autres pièces avant sa vingtième année, tragédies, mélodrames, vaudevilles, avant d'écrire les trois premiers actes d'Amy Robsart, achevés en 1827, l'année même où il fait paraître Cromwell.
Hugo s'est attelé à la tâche en août 1826 et travaille sans relâche à cette pièce-manifeste du romantisme jusqu'au mois d'octobre de la même année. La naissance de son fils Charles, en novembre, son deuxième enfant après Léopoldine, interrompt la composition, qui ne reprend qu'en février de l'année suivante. Il compose la Préface de la pièce en octobre 1827, et Cromwell, enfin achevé, est édité en décembre 1827.
S'il songe un instant à faire jouer son drame – avec Talma dans le rôle de Cromwell, mais l'illustre acteur est mort avant que la pièce soit achevée –, Hugo renonce assez vite à toute représentation, peut-être à cause de la disparition de Talma, et se contente, avant la publication, de lire des extraits de son œuvre à une société choisie d'amis et d'admirateurs, parmi lesquels figure notamment Sainte-Beuve, qui ne ménage à l'auteur ni ses louanges ni ses critiques.
Et quand la pièce paraît, elle déchaîne aussitôt la louange ou l'agressivité : saluée par les romantiques, qui voient en elle comme la bible de leur mouvement, elle est violemment attaquée par les tenants du classicisme, qui ne voient en elle que l'œuvre d'un homme qui n'a " aucune espèce de vocation pour le théâtre, ni d'intelligence des effets dramatiques ", selon la Gazette de France.
Quoi qu'il en soit, Cromwell, malgré un sujet remarquable, est une pièce injouable telle quelle – et Hugo lui-même en est conscient, comme on le voit dans la Préface – ; surchargée d'épisodes, comptant plus de soixante-dix personnages, outre les nombreux figurants, chacun de ses actes dure autant à lui seul qu'une tragédie classique, et son texte s'étale sur plus de quatre cent cinquante pages d'un volume normal...

Lire la préface de Victor Hugo et le premier acte 

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Historique de la pièce Retour à la lecture de la note
M. Taylor était alors commissaire royal à la Comédie-Française. Il demanda à M. Victor Hugo pourquoi il n'écrivait pas pour le théâtre.
– J'y pense, dit M, Victor Hugo. J'ai même commencé un drame sur Cromwell.
– Eh bien ! finissez-le et donnez-le-moi. Un Cromwell fait par vous ne peut être joué que par
Talma.
Pour engager l'affaire, il réunit le poëte et le tragédien dans un dîner au Rocher de Cancale.
Le dîner était nombreux, mais MM. Victor Hugo et Talma, placés l'un à côté de l'autre, purent causer à leur aise.
Talma avait alors soixante-cinq ans ; il était fatigué et malade ; il mourut quelques mois après ; il se sentait finir. Il parla de sa profession avec amertume : les acteurs n'étaient pas des hommes, pas même lui, malgré son succès et sa réputation ; applaudi et traité presque en ami par l'empereur, il lui avait demandé la croix, et l'empereur n'avait pas osé la lui donner. Même dans son métier, il n'était arrivé à rien.
M. Victor Hugo se récria.
– Non, insista le grand tragédien, l'acteur n'est rien sans le rôle, et je n'ai jamais eu un vrai rôle. Je n'ai jamais eu de pièce comme il m'en aurait fallu. La tragédie, c'est beau, c'est noble, c'est grand ; j'aurais voulu autant de grandeur avec plus de réalité. Un personnage qui eût la variété et le mouvement de la vie, qui ne fût pas tout d'une pièce, qui fût tragique et familier, un roi qui fût un homme. Tenez, m'avez-vous vu dans Charles VI ? J'ai fait de l'effet en disant : Du pain ! Je veux du pain ! C'est que le roi n'était plus là dans une souffrance royale, il était dans une souffrance humaine ; c'était tragique et c'était vrai ; c'était la souveraineté et c'était la misère ; c'était un roi et c’était un mendiant. La vérité ! voilà ce que j'ai cherché toute ma vie. Mais que voulez-vous ? je demande
Shakespeare, on me donne Ducis. A défaut de vérité dans la pièce, j'en ai mis dans le costume. J'ai joué Marius jambes nues. Personne ne sait ce que j'aurais été si j'avais trouvé l'auteur que je cherchais. Je mourrai sans avoir joué une seule fois. Vous, monsieur Hugo, qui êtes jeune et hardi, vous devriez me faire un rôle. Taylor m'a dit que vous faisiez un Cromwell. J'ai toujours eu envie de jouer Cromwell. J'ai acheté son portrait à Londres. Si vous veniez chez moi, vous le verriez accroché dans ma chambre. Qu'est-ce que c’est que votre pièce ? Ça ne doit pas ressembler aux pièces des autres.
– Ce que vous rêvez de jouer, dit M. Victor Hugo, c'est justement ce que je rêve d'écrire.
Et il exposa au tragédien quelques-unes des idées dont il allait faire la Préface de Cromwell : le drame substitué à la tragédie, l'homme au personnage, le réel au convenu ; la pièce libre d'aller de l'héroïque au positif ; le style ayant toutes les allures, épique, lyrique, satirique, grave, bouffon la suppression de la tirade et du vers à effet. Ici, Talma l'interrompit vivement :
– Ah ! oui, s'écria-t-il ; c'est ce que je m'épuise à leur dire. Pas de beaux vers !
Il écouta avec grande attention les théories du poëte.
– Et votre Cromwell est fait dans ces idées ? lui demanda-t-il.
– Tellement que, pour bien marquer tout de suite sa volonté d'être réel, son premier vers est une date :
Demain, vingt-cinq juin mil six cent cinquante-sept.

– Vous devez en savoir des scènes par cœur ! dit Talma. Vous seriez bien aimable de nous en dire une.
Les autres convives joignirent leurs instances aux siennes. M. Victor Hugo dit la scène où Milton adjure Cromwell de renoncer à se faire roi. La scène était mal choisie ; ce n'était, en somme, qu'un long discours, qui, si accidenté qu'il fût par l'émotion du raisonnement et par la coupe de la phrase, ne tranchait pas absolument avec les tirades tragiques ; de plus c'était Milton qui parlait tout le temps, et Talma n'aurait eu qu'à l'écouter. Il trouva les vers très beaux, ce qui était un éloge suspect après son cri contre les " beaux vers ", et demanda autre chose. M. Victor Hugo dit la scène du Protecteur interrogeant Davenant sur son voyage. Cette fois, on était loin de la tragédie ! A chaque détail local, à chaque touche de réalité franche :

Logez-vous pas toujours chez votre même hôtesse ?
A la Sirène ?...
Vous avez un chapeau de forme singulière.
Excusez ma façon peut-être familière ;
Vous plairait-il, monsieur, le changer pour le mien ?

Talma applaudissait : – A la bonne heure ! c'est cela ! c'est ainsi qu'on parle ! – Et, la scène finie, il tendit la main à l'auteur en lui disant : – Dépêchez-vous de finir votre drame, j'ai hâte de le jouer.
Quelque temps après, Talma était mort. M. Victor Hugo, n'ayant plus d'acteur, ne se pressa plus, et put donner à son drame des développements que n'aurait pas comportés la représentation.

[..]

A la fin de l'été, M. Victor Hugo était un soir chez Mme Tastu ; elle le pria de dire une scène de Cromwell, qu'il venait d'achever. M. Tissot, qui était présent, trouva la scène très belle, et demanda à l'auteur s'il avait traité avec un éditeur ; sur sa réponse négative, il lui offrit d'en parler au sien. En effet, dès le lendemain, M. Ambroise Dupont vint acheter le manuscrit, et l'auteur s'occupa de la préface.
Le succès du Freyschütz avait mis l'Odéon en goût d'importations dramatiques. Après Weber, vint Shakespeare. A la nouvelle que des acteurs anglais allaient représenter leur grand poëte, toute la jeune génération s'émut et se passionna. M. Eugène Delacroix écrivait à M. Victor Hugo :
" Eh bien, envahissement général. Hamlet lève sa tête hideuse, Othello prépare son oreiller essentiellement occiseur et subversif de toute bonne police dramatique. Qui sait encore ? le roi Lear va s'arracher les yeux devant un public français ! Il serait de la dignité de l'Académie de déclarer incompatible avec la morale publique toute importation de ce genre. Adieu le bon goût. Apprêtez-vous dans tous les cas une bonne cuirasse sous votre habit. Craignez les poignards classiques. "
Au grand poëte s'ajoutaient de grands acteurs, entre autres une actrice exceptionnellement douée, miss Smithson ; Mlle Taglioni lui eût envié sa danse, Mme Pasta son chant et Mlle Mars sa voix. Elle ravissait les peintres par le goût de ses costumes. Elle réussit de toutes les façons ; M. Berlioz, alors violon à l'orchestre de l'Odéon, la demanda en mariage.
Ces admirables drames admirablement joués remuèrent profondément M. Victor Hugo qui écrivait dans ce moment la préface de Cromwell ; il l'emplit de son enthousiasme pour " ce dieu du théâtre en qui semblent réunis, comme dans une trinité, les trois grands génies caractéristiques de notre scène, Corneille, Molière, Beaumarchais ".
La préface prit, comme la pièce, de vastes proportions. Le volume qui en aurait fait deux aisément, fut imprimé très vite et parut dans les premiers jours de décembre 1827.
L'effet du drame fut dépassé par celui de la préface. Elle éclata comme une déclaration de guerre aux doctrines reçues et provoqua des batailles de feuilletons. L'hostilité attaqua tout, les idées et le style ; voici quelques lignes d'un des journaux importants d'alors, la Gazette de France :

Ce qui se fait remarquer dès les premières lignes de cette préface, c'est le ton de hauteur dédaigneuse avec laquelle un jeune écrivain dont la réputation n'a point dépassé l'enceinte de quelques cercles amis parle de tout ce qui a d'autres idées que celles qu'il professe... Il fut un temps où il se contentait de faire des odes comme tout le monde... Il se bornait à recueillir par avance les palmes que promettait à son talent futur l'espoir que ses premiers essais faisaient naître, et qui malheureusement sont encore incueil1ies, pour parler la langue romantique. Aujourd'hui, il en est tout autrement. Le jeune poëte modeste est devenu un professeur jetant avec fierté ses préceptes à son auditoire absent... Qui songe encore à reproduire cette vieille et ennuyeuse question du classique et du romantisme, dont l'ennui a fait justice depuis longtemps ? Deux hommes seuls, M. Hugo et M. d'Arlincourt, qui l'ont fait en même temps et souvent dans des termes identiques ; s'il y a entre eux quelque différence, elle est tout entière à l'avantage du dernier, dont la prose nous a semblé bien préférable, sous le rapport du goût et de la simplicité, à celle de l'auteur de Cromwell... Son but avoué est de briser tous " ces fils d'araignée dont les milices de Lilliput ont entrepris d'enchaîner le drame dans son sommeil " ; c'est-à-dire, en français, de se rendre indépendant des trois unités. Nous pourrions faire remarquer à l'auteur de cette phrase que, dans cette milice de Lilliput, il y a quelques nains qui ne sont pas si méprisables, et entre autres tous les hommes qui ont écrit pour la scène depuis le Cid jusqu'à Cromwell ; mais que seraient-ils ces hommes pour lui qui appelle Shakespeare (dont il ne sait pas même écrire le nom) le dieu du théâtre ?... Les personnes qui ne partageront pas les idées émises dans ce dernier passage, et nous croyons que le nombre en est considérable, ne pourront au moins en contester la nouveauté. C’est pour la première fois, sans doute, qu'on a imaginé de mettre l'auteur de quelques drames spirituels et libertins sur la même ligne que Molière et Corneille (car il faut remarquer que Racine n'est pas même cité, ces messieurs ne s'en occupent pas plus que s 'il n'existait pas). Ces bizarreries, qui n'ont rien de sérieux au fond, ont même un côté plaisant dont on s'amuserait si elles étaient présentées avec talent ; il faut être doué de quelque force pour s'attaquer à des géants, et, lorsqu'on entreprend de détrôner des écrivains que des générations tout entières sont convenues d'admirer, il faudrait les combattre avec des armes, sinon égales, du moins dans un style assez élégant et assez pur pour montrer qu'on les comprend, et que ce n'est pas uniquement par impuissance qu'on s'attaque à eux ; mais quel tort peut-on espérer leur faire quand on écrit comme l'auteur de la préface dont nous parlons ?... "

La défense ne fut pas moins ardente que l'attaque ; les jeunes gens se déclarèrent énergiquement pour l'indépendance du théâtre, et la Préface de Cromwell devint le signe de ralliement.
Le Globe, dans un article de M. de Rémusat, maintint son rôle de médiateur. – Les amis toulousains de M. Victor Hugo sentirent que leur néo-tragédie allait disparaître dans cette irruption violente d'un art entier et sans scrupules. La mort de Talma leur avait porté le premier coup, la Préface de Cromwell les acheva. Ils se résignèrent de bonne grâce, et prirent noblement le parti de l'œuvre qui les tuait. M. Soumet écrivit à l'auteur : " Je lis et je relis sans cesse votre Cromwell, cher et illustre Victor, tant il me paraît rempli des beautés les plus neuves et les plus hardies ; quoique dans votre préface vous nous traitiez de mousses et de lierres rampants, je n'en rendrai pas moins justice à votre admirable talent et je parlerai de votre œuvre michel-angesque comme je parlais autrefois de vos odes. "

Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, chapitre XLVI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sujet de la pièce Retour à la lecture de la note
Hugo met en scène Olivier Cromwell (1599-1658) au moment où, parvenu au sommet de sa puissance, doté de tous les pouvoirs sur l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande, il est tenté de se faire couronner roi, bien qu'il n'ose se l'avouer. La Cité et le Parlement, habilement manœuvré, lui offrent de monter sur le trône ; poussé par l'ambition, il envisage un moment d'accepter, mais, une nuit, prenant la place d'une sentinelle, il découvre que les républicians puritains et les catholiques royalistes se sont alliés contre lui, et n'attendent qu'une erreur de sa part pour l'abattre.
En stratège politique averti, il attend alors la cérémonie prévue pour le sacre et, au moment décisif, il refuse la couronne d'un geste théâtral, ce qui lui vaut l'étonnement admiratif de ses ennemis et la satisfaction du peuple qui s'émerveille de son héroïque humilité.
Mais, lorsque le drame se termine, le héros est insatisfait et ne cesse d'être tourmenté par son ambition sans limites...