Retour à la page précédente
Buste antique d'Aristophane, image trouvée sur Internet Aristophane est un auteur dramatique de la Grèce antique, dont les détails de la vie ne nous sont guère connus ; on pense qu'il est né vers 450 av. J.-C. et mort vers 386 ; il est sans doute né près d'Athènes et a reçu une excellente éducation, sans qu'on sache avec certitude de quelle famille il est issu ; en tout cas il est considéré comme l'inventeur de la comédie, et reconnu comme l'un des plus grands comiques de la littérature de tous les temps. Ses fils, Philippos, Araros et Nikostratos ont d'ailleurs suivi son exemple, puisqu'ils sont tous trois devenus des auteurs comiques.
Sur le plan des idées, Aristophane est plutôt conservateur : fidèle à la tradition, il défend des valeurs comme la paix, la sagesse et la franchise plutôt que de se laisser convaincre par les idées nouvelles propagées par des philosophes qui se montrent sceptiques face à la morale telle qu'elle est acceptée alors. En politique, il n'hésite pas à attaquer la démocratie athénienne chaque fois que des erreurs sont commises.
On connaît quarante-quatre pièces de théâtre composées par lui, mais onze seulement sont parvenues jusqu'à nous. Dans les Acharniens (425 av. J.-C.), il plaide pour que cesse la guerre entre Athènes et Sparte ; il revient sur le même sujet dans la Paix, qui date de 421 av. J.-C. Entre-temps, il s'en prend à un chef athénien favorable à la guerre, Cléon, dans sa pièce les Cavaliers, qui date de 424 av. J.-C. Il reprend une nouvelle fois son plaidoyer pour la paix dans Lysistrata, en 411 av. J.-C., où il met en scène des femmes qui se refusent à leurs maris militaires pour les obliger à cesser la guerre.
Mais il a également d'autres sources d'inspiration, et tourne en dérision les vices de la société athénienne de son époque : dans
les Guêpes, en 422 av. J.-C., il attaque les cours de justice, et dans les Oiseaux, en 414 av. J.-C., il couvre de ridicule le goût prononcé de ses concitoyens pour les joutes oratoires ; dans Plutus, qui date de 388 av. J.-C., il s'élève contre la façon absurde dont les richesses sont redistribuées à Athènes.
Outre Cléon, qu'il a pris à partie dans
les Cavaliers, il prend pour cible d'autres individus précisément désignés :
Socrate, dont il considère l'attitude contraire aux intérêts d'Athènes, fait les frais de ses attaques dans les Nuées, en 423 av. J.-C., ce qui lui vaut l'inimitié de Platon, qui lui reproche d'être en partie responsable de la condamnation à mort de son maître ; dans les Thesmophories, en 411 av. J.-C. et les Grenouilles, en 405 av. J.-C., il s'en prend à Euripide, dont il n'apprécie guère les innovations.
Et pourtant, comme Euripide, il pratique dans ses comédies le mélange des genres avant la lettre, mêlant dans son style lyrisme et grossièreté ; il leur confère en outre une structure plus souple que celle de la tragédie classique, en faisant alterner des dialogues, des discours récités par le chœur et des scènes où se marient la musique et la danse.