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La Conciergerie est l'ancien Palais de la Cité. C'est aujourd'hui la partie médiévale du Palais de Justice à Paris.
Elle doit son nom au fait qu'un officier royal, appelé Concierge, y a résidé jusqu'à Louis XI.
Lorsque le Palais de la Cité cesse d'être résidence royale, en 1392, la Conciergerie devient une prison. Elle a abrité des « hôtes » illustres sous la Révolution :
Marie-Antoinette, Danton, Robespierre et André Chénier, par exemple.
Photographie Hubert Laroche
En juillet 1848, François-Victor Hugo, Charles Hugo, Auguste Vacquerie et Paul Meurice ont fondé un journal, l'Événement, inspiré par Victor Hugo. La même année, ce journal a d'abord soutenu la candidature de Lamartine à la présidence de la République, puis celle de Louis-Napoléon Bonaparte. Élu à l'Assemblée législative en mai 1849, Victor Hugo prend de plus en plus ses distances par rapport au prince-président : il dénonce la politique étrangère du gouvernement en octobre de la même année ; il s'oppose en janvier 1850 au projet de loi Falloux sur l'enseignement, qui renforce l'influence du clergé ; en mai il combat un projet de restriction du suffrage universel ; en juillet il prend la parole pour défendre la liberté de la presse ; le 17 juillet 1851, au milieu d'un immense tumulte, il s'oppose à un projet de révision de la Constitution qui vise à permettre à Louis Bonaparte de briguer un deuxième mandat : c'est au cours de cette séance qu'il prononce la phrase célèbre : « Quoi ! après Auguste, Augustule ! Quoi ! parce que nous avons eu Napoléon-le-Grand, il faut que nous ayons Napoléon-le-Petit ! »
Son attitude lui attire donc les foudres du gouvernement, qui va s'en prendre à l'Événement : en juin 1751, Charles Hugo est condamné à six mois de prison pour un article contre la peine de mort ; il est incarcéré à la Conciergerie en juillet ; en septembre, François-Victor signe un article sur le droit d'asile : l'Événement est saisi, François-Victor et Paul Meurice sont eux aussi condamnés, écopant de neuf mois de prison, et « admis » à la Conciergerie ; Auguste Vacquerie fait alors paraître un journal appelé l'Avènement du peuple, qui est saisi aussitôt : et voilà Vacquerie condamné à son tour à rejoindre ses amis à la Conciergerie...